Tours

Manque d’effectifs aux urgences à Tours : une grève illimitée commence

La reprise d’un mouvement qui ne date pas d’hier.

Le 4 février 2015, alors qu’une grève secouait les urgences du CHU Trousseau depuis deux semaines, nous citions le syndicaliste Philippe Papin : « l'effectif n'est pas adapté et les conditions de travail se dégradent. Dans ces conditions, ça peut devenir dangereux. Les collègues risquent de faire des oublis, ou des fautes. »

Le 24 février de la même année, lors d’une manifestation des équipes hospitalières, Sabrina nous disait : « la direction regarde seulement le nombre d'entrées aux urgences, pas le détail des profils. Or il y a de plus en plus de personnes âgées, qui ne peuvent pas toujours se déplacer seules, aller aux toilettes... On prend plus de temps à s'occuper d'elles que de jeunes patients. »

Et enfin, il y a un an, Sud déplorait ceci : « le service est en sous-effectif permanent au motif d’arrêts-maladie, congés non remplacés ou partiellement conduisant le personnel restant à en faire toujours plus pour finir finalement à son tour en arrêts-maladie. Résultat : des soignants épuisés, une prise en charge de plus en plus difficile des patients. »

Tout ça pour dire que le malaise aux urgences de l’hôpital public de Tours n’est pas nouveau, et que les arguments restent identiques. Chaque fois que le sujet revient à la Une, un élément déclencheur réactive les tensions : un temps d’attente jugé insurmontable (6, 13 voire 17h ont été évoquées lors de nos précédentes interviews) ou, il y a quelques jours, les décès de deux femmes âgées sur des brancards, dans la salle d’attente de Trousseau. Des faits mal vécus par les soignants et les patients.

Alors les syndicats tentent une nouvelle fois d’obtenir des avancées, des progressions, des postes supplémentaires… La direction écoute : elle les a reçus durant près de 3h ce mardi 22 mai, une réunion qui ne devait pas forcément être aussi longue à l’origine. Un bon signe ? Pas vraiment, à écouter François Baudry de Sud : « il n’y a rien qui sort… On voudrait une réponse à la problématique globale du flux de patients aux urgences qui n’est pas prise en compte et pour l’instant on n’a rien. Il a fallu attendre ces deux décès pour avoir un début de réponse » note le représentant du personnel rappelant le maintien d’un droit d’alerte lancé début février 2017 « pour dénoncer les conditions d’accueil et de travail » qui n’aurait donc pas eu d’effet notable.

Pour François Baudry, le problème principal c’est le manque de postes et même si la direction évoque quelques aménagements comme la création d’une infirmière de roulement – mesure demandée par les syndicats – « c’est un pansement qui ne va pas tenir longtemps » d’après Sud qui s’alarme de la hausse constante de la fréquentation du service avec une tension permanente. Il estime ainsi les besoins à une vingtaine de créations de postes et, avec la CGT, appelle à une grève illimitée dès ce jeudi, tout en poursuivant les discussions avec la direction. De nouvelles réunions sont déjà prévues.

Olivier Collet