Tours

Tours Métropole délaisse-t-elle ses étudiants ?

Le Conseil de Développement fait des propositions pour redynamiser la vie étudiante.

Aujourd’hui, Tours et les communes qui l’entourent comptent environ 35 000 étudiants, 12% de la population. A l’horizon 2030, la métropole espère qu’ils seront 50 000 à la fac et dans les autres établissements (privés et publics). Pour atteindre ce cap, l’agglomération planche actuellement sur un plan visant à la rendre plus attractive, au-delà de l’ouverture d’écoles ou de filières à l’université. Pour avancer, le CODEV (Conseil de Développement) vient de publier un rapport sur la sujet.

C’est quoi le CODEV ? On vous explique tout sur 37 degrés

Premièrement, le dossier relève qu’aujourd’hui Tours n’est que 24ème sur 43 grandes villes étudiantes en France, pas terrible pour l’une des 22 métropoles du pays qui vise à intégrer le top 15 des agglomérations qui comptent « en dehors de la région, qui identifie Tours comme une grande ville universitaire ? » se demandent d’ailleurs les auteurs.

Le CODEV regrette en fait le manque d’implication des étudiants tourangeaux dans la vite de la cité ou qu’ils n’aillent pas plus spontanément vers les installations sportives de la métropole alors même qu’ils sont bien implantés dans la vie culturelle et festive. L’absence de forfait de transport spécifique est également pointée du doigt (un sujet de débat qui revient chaque année au moment de voter les tarifs de Fil Bleu, sans réelle avancée).

Dans son analyse, il développe : « la vie étudiante ne fait pas l’objet d’une stratégie de communication et on observe un déficit de coordination et de coopération entre les différents acteurs (…) la métropole laisse à la ville de Tours le soin d’animer a minima des actions en direction des étudiants moyennant un budget assez restreint (…) de l’ordre de 80 000€. (…) Les étudiants ne sont pas considérés comme une valeur, économique (le poids économique de la vie étudiante tourangelle est estimé à 288 millions d’€ par an, ndlr), intellectuelle, d’animation de la cité et que leur reconnaissance de fait tarder, malgré le poids avéré et croissant de cette population. »

Pour que ça change, le CODEV fait plusieurs propositions :

  • La création d’une marque du type « Tours Val de Loire, la métropole étude »
  • Inventer une carte métropolitaine de l’étudiant pour bénéficier de réductions (mais le dispositif pourrait être compliqué à créer)
  • Créer une plateforme unique centralisant toutes les formations disponibles à Tours et dans l’agglo, quel que soit l’établissement qui les dispense, portail qui serait complété par une bourse aux offres de stage, apprentissage et emplois étudiants
  • Créer un « lieu totem » comme l’ex imprimerie Mame l’est pour le numérique, l’idée étant qu’il soit bien plus grand et plus accessible que l’actuelle Maison des Étudiants près de la fac de Grandmont. Il comprendrait un espace de coworking, des locaux associatifs, une cafétéria, un accueil unique avec un service dédié aux étudiants étrangers et nouveaux arrivants. On pourrait aussi y trouver des renseignements pour le logement, la nourriture et les transports, avec par exemple des permanences des Halles de Rabelais et de la Banque Alimentaire qui aident les étudiants les plus démunis ou une carte des lieux ou manger pas cher (restaus U…). L’idée serait aussi d’y développer des soirées comme la Nuit des Étudiants du monde et d’y distribuer le Pass Culturel de l’université pour élargir son audience (7 000 ont été remis). Le CODEV imagine plusieurs sites : celui qu’occupait le CROUS au Sanitas (mais peu adapté), des locaux au Plat d’Étain (pas très bien desservi par les transports) ou des locaux commerciaux sur 2 niveaux en centre-ville le tout sur 200 à 300m². 3 à 4 personnes y seraient salariés

A voir maintenant ce que les élus feront de ces propositions pour d’éventuelles avancées dans les mois à venir.

Le rapport complet du CODEV est accessible ici