Tours

Impôt sur le revenu : tout ce qu’il faut savoir en Indre-et-Loire

C’est la dernière année avant l’arrivée du prélèvement à la source.

Le département d’Indre-et-Loire compte 340 000 foyers fiscaux pour environ 600 000 habitants. Au final, seuls 43% paient des impôts, « un chiffre qui diminue en raison des modifications des barèmes » explique Jacques Bazard, le directeur des finances publiques à Tours. Ces derniers jours, ces 340 000 foyers fiscaux ont été prévenus : c’est le moment de déclarer leurs revenus. Pour renvoyer la déclaration papier, la date limite c’est le 12 mai et le 29 mai pour une déclaration sur Internet. 55% des Tourangelles et Tourangeaux ont fait ce choix en 2017, en théorie celles et ceux qui touchent plus de 15 000€ annuels sont obligés de passer par le web cette année.

            Je galère pour remplir ma déclaration, comment faire ?

La solution c’est d’aller voir les agents des finances publiques (ou leurs jeunes volontaires en service civique) à Tours (au Champ Girault, où c’est fermé le mercredi), mais aussi à Loches, Amboise et Chinon (pas d’accueil les mercredis et vendredis après-midi) : « nous proposons des ordinateurs en accès libre accompagné » explique Jacques Bazard, ce qui permet de bénéficier d’une assistance pour faire ses démarches et repartir avec son avis d’imposition sans attendre le mois d’août pour le voir arriver dans la boîte aux lettres.

            Quelles sont les principales questions des Tourangeaux au sujet des impôts ?

Selon Jacques Bazard…

  • « Est-ce que j’ai bien tout déclaré ? »
  • «  Ma situation familiale a changé (divorce, naissance, rattachement d’un enfant majeur), quelle est la solution la plus favorable pour moi ? »
  • « Ma situation professionnelle a changé (temps partiel, licenciement, nouveau contrat), comment ça se passe ? »

             Le prélèvement à la source, usine à gaz ou système super pratique ?

Dès 2019 (un an plus tard que prévu), on ne paiera plus ses impôts via des prélèvements tous les trimestres ou chaque mois. Les sommes seront prélevées sur le salaire par l’employeur, Pôle Emploi ou la caisse de retraite. Du coup, si votre taux de prélèvement est de 5%, 5% de votre paie ira au Trésor Public quel que soit son montant, si vous avez une augmentation, ou si il baisse parce que vous choisissez un temps partiel ou passez d’un emploi salarié au chômage.

En fait, il y aura une ligne en plus sur votre fiche de paie, aux côtés des autres cotisations : « vous constaterez une petite baisse de salaire si vous êtes imposable – ce qui ne concerne pas 57% des contribuables » rappelle Jacques Bazard. « Le calcul sera automatique, il est calculé par l’administration qui le communiqué aux employeurs, à Pôle Emploi ou aux caisses de retraite. Eux feront le calcul et verseront les sommes via la déclaration sociale nominative. » A noter que les patrons craignent des charges de travail supplémentaires, l’administration fiscale estime elle qu’il n’y a pas de grosse différence.

               Si je fais des dons ou que j’ai recours aux services à la personne, ça se passe comment ?

Ces démarches continueront à donner droit à des crédits d’impôts. « Vous continuerez à faire une déclaration tous les ans en avril ou en mai » insiste Jacques Bazard. C’est donc à ce moment-là que vous pourrez préciser si vous avez soutenu des associations, employé du personnel chez vous ou si votre situation familiale a changé… Bref, tout ce qui peut entraîner une modification de votre taux de prélèvement (à la hausse, comme à la baisse). Une fois ce calcul effectué, l’administration pourra procéder à un remboursement ou réclamer un rattrapage.

Particularité : si vous déclarez des services à la personne cette année (donnant droit à 50% de crédit d’impôt), l’administration vous versera un crédit d’impôt prévisionnel de 30% en février 2019, estimant que vous avez continué à bénéficier de ce type de prestation. Une régularisation exacte est ensuite prévue pour le printemps.

« Ça parait compliqué mais cela permet de prendre en considération des situations individuelles » insiste Jacques Bazard pour rassurer les personnes pouvant – à juste titre – se perdre dans le dédale de toutes ses nouveautés. A noter que vous pourrez connaître votre taux de prélèvement dès cette année si vous déclarez par Internet, il sera indiqué au moment de terminer le processus.

             Ce taux est-il définitif ?

Oui et non. Oui car vous n’échapperez pas aux impôts que vous devez éventuellement payer mais non car il est possible de le modifier dans 2 cas de figure :

  • Vous pouvez faire évoluer les taux dans votre foyer. Si vous êtes en couple, et que l’un gagne plus que l’autre par exemple, vous pouvez choisir de moduler les taux pour les adapter aux salaires effectivement perçus.
  • Vous pouvez choisir l’application d’un taux neutre si vous ne voulez pas communiquer votre taux de prélèvement à votre employeur pour éviter qu’il ait des informations sur votre situation fiscale (même si c’est difficile à déterminer, selon Jacques Bzard). Dans ce cas, un taux de base déterminé par la loi sera appliqué en fonction de votre revenu net imposable : « en matière de trésorerie ce n’est pas très intéressant » pondère le directeur des finances publiques d’Indre-et-Loire qui rassure néanmoins : « si vous avez trop payé, l’administration vous remboursera l’excédent l’année suivante. »

               2018, année blanche ?

Oui et non. Oui car vos revenus salariés ne seront pas soumis à l’impôt. Cette fois-ci vous déclarez vos revenus de 2017, et en 2019 vous déclarerez directement ceux de 2019. En revanche attention, tout n’est pas permis : par exemple, si vous débloquez votre participation d’entreprise, celle-ci pourra être soumise à l’impôt au titre des revenus exceptionnels.