Tours

Gaz à effet de serre : Tours en retard sur ses objectifs de réduction

La mise en service du tramway n’a pas changé grand-chose.

EELV fait des maths : 7 ans après l’adoption du Plan Climat de Tours Métropole (prévoyant 20% de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020 et 75% d’ici 2050), Emmanuel Denis et Philippe Geiger ont entrepris de publier leur propre bilan des actions entreprises dans l’agglomération. En résumé : ils ne sont pas satisfaits… « On sera à un tiers de l’objectif en 2020 soit -6,5% » estiment le conseiller métropolitain et le responsable local du parti. D’après eux, il faudra même attendre 2120 pour arriver à 75% d’émissions polluantes en moins, soit 70 ans de plus que prévu (pour rappel, en 2011, on estimait que l’agglo produisait 2 404 000 tonnes de CO2 par an, soit environ 8 tonnes par habitant).

Bon bilan pour le logement social

« Il faut s’activer » estiment encore les militants écologistes qui espèrent que Tours prenne exemple sur Grenoble ou Nantes, plus efficaces dans l’action ces dernières années. Parmi leurs cibles : le fret routier avec « 0 tonne économisée. » « On constate l’inaction de la métropole alors que l’on pourrait mettre en place des systèmes de livraison propre pour assurer le dernier kilomètre en ville et favoriser la consommation de produits agricoles en circuit court. Sur ce dernier point, on n’a pas vu le début d’un réel projet » regrettent Emmanuel Denis et Philippe Geiger qui promettent de leur côté des propositions… au moment de la campagne des élections de 2020 (qu’ils débutent d’une certaine manière en ce moment en lançant cette charge contre l’institution).

Les prévisions d'EELV

Il y a tout de même de bons élèves dans le lot comme le secteur du logement, le plus gros émetteur de substances nocives pour l’atmosphère (19% du total) : les deux écologistes estiment que les différents travaux d’isolation menés ces dernières années permettent d’atteindre une réduction de 18% des émissions de CO2 dans le secteur de l’habitat social : « quand les gens s’inquiètent du sujet, ça avance » pointe Emmanuel Denis, même si le bilan n’est pas aussi satisfaisant pour les résidences privées.

La hausse de trafic de l’aéroport annulerait le bénéfice du tram

Concernant les autres secteurs qui polluent comme l’industrie (18% du total), quelques progrès ont été notés mais dans l’ensemble les grandes boîtes de la métropole (comme SKF) ne publient pas de données sur leurs émissions. Par ailleurs, aucune baisse relevée par les écologistes pour les émissions liées à la construction de routes ou aux activités des entreprises de services, un léger repli dans le domaine du traitement des déchets et un bon point pour la production d’énergie qui se fait de plus en plus via des chaufferies biomasse permettant d’éviter la dispersion de 40 000 tonnes de CO2, « sauf qu’il faut faire attention à la gestion de la matière première, le bois » relève Philippe Geiger.

Enfin, d’après EELV, la mise en service du tram en 2013 a permis d’éviter le rejet de 12 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère sur les 350 000 émises par tout le secteur des transports dans l’agglomération. Pas suffisant pour les militants qui craignent en plus que les objectifs de développement de l’aéroport de Tours (500 000 passagers à terme contre 200 000 aujourd’hui) annulent ce bénéfice et même celui de la construction de la ligne B (les activités de la base militaire ne sont pas comptabilisées dans le lot car secret-défense). Le tableau semble donc assez sombre présenté ainsi… Reste à voir si Tours Métropole a la même analyse et la même méthode de calcul.

Olivier Collet