Tours

Gens du voyage en Touraine : il manque encore des aires de réserve

En cas d’arrivées non prévues.

Le département d’Indre-et-Loire a récemment adopté un nouveau schéma pour l’accueil des gens du voyage, un document qui prévoit notamment la création de 100 nouvelles places dans la métropole de Tours (l’agrandissement de l’aire de la Gloriette) et la réalisation de 150 places supplémentaires sur le Val d’Amboise. Des terrains familiaux (pour encourager la sédentarisation des gens du voyage) ou des petites aires d’une douzaine de places doivent également être aménagées sur le Pays de Racan, le Chinonais ou le Val de Vienne.

Même avec tous ces lieux de stationnement ajoutés pour les caravanes qui traversent la Touraine, les autorités s’attendent encore à manquer d’espace. Voici l’explication : chaque année, les groupes qui veulent s’établir dans le département doivent déclarer leur arrivée à l’avance, 26 demandes ont été reçues pour 2018. Sauf que tous les ans, des arrivées non prévues s’ajoutent à la liste (14 en 2017, 13 en 2016). Il s’agit de groupes de plusieurs dizaines de véhicules qui s’arrêtent où ils le désirent, et sur des terrains pas forcément prévus pour ça.

Des aires de « réserve » pour les imprévus

Afin d’éviter des conflits et des recours à la force (déjà une dizaine cette année), la préfecture et l’Association des Maires cherchent donc à identifier des terrains qui ne seraient pas prioritairement destinés à l’accueil des gens du voyage mais qui pourraient être utilisés en dernier recours en cas d’affluence inattendue : « si on a une petite dizaine de terrains de réserve, ce sera parfait » estime le maire de Fondettes Cédric De Oliveira, représentant des 273 communes du département.

L’idée est donc dans l’idéal de pouvoir aiguiller les familles vers ces zones disposant potentiellement de l’eau et de l’électricité : « l’accueil sera meilleur et ce sera plus facile pour les élus » veut croire Cédric De Oliveira qui sait que le sujet fait régulièrement polémique auprès de ses collègues, ça avait d’ailleurs donné lieu à des échanges assez tendus lors du dernier congrès des maires à Tours fin 2017.

Afin de simplifier les démarches des élus, la préfecture a également pris ses dispositions : un guide destiné aux maires et présidents d’agglomérations vient d’être édité avec un rappel des réglementations, les contacts essentiels (eau, gaz, électricité, Direction Départementale des Territoires, association Tsigane Habitat) et la liste précise des démarches à suivre en cas d’installations illégales. : « maintenant on peut aider à faire partir, à négocier ou à trouver un autre terrain. Les élus auront une réponse dans tous les cas » assure la préfète Corinne Orzechowski.  

Olivier Collet