Tours

Admissions et réa de nuit : ça grogne à nouveau au CHU de Tours

Les réorganisations des services passent mal.

« Aujourd’hui nous sommes 12 agents en grève sur 17 » nous explique une salariée du service des admissions du CHU Trousseau à Chambray-lès-Tours. Ce mardi, le collectif a bien choisi son jour pour se mobiliser : placés à l’entrée de l’hôpital, les bureaux des admissions sont pile à côté de la cafétéria flambant neuve qui est inaugurée avec la directrice de l’établissement et les représentants de l’entreprise Lagardère qui gère le commerce. Résultat : les équipes ont juste eu besoin de faire quelques pas pour se placer devant l’entrée de la Tour et accueillir toutes les personnes qui passaient avec leurs tracts.

Alors qu’est-ce qui ne va pas aux admissions de Trousseau ? Les personnels dénoncent la réorganisation du service initialement annoncée pour ce mois d’avril, mais reportée pour juillet, puis septembre. « Aujourd’hui nous avons des collègues spécialisés pour gérer certains dossiers comme les accidents du travail ou les rejets des dossiers par les mutuelles. Demain on veut nous demander de tout faire. C’est déjà le cas les week-ends mais au quotidien cette mutualisation va entraîner des difficultés de gestion et une hausse des activités » nous explique-t-on.

Mobilisation aussi pour la réanimation de nuit à Bretonneau

Soutenu par le syndicat Sud, le mouvement de cette « vitrine » du CHU (les salariés des admissions sont directement en contact avec jusqu’à 200 patients par jour), vise aussi à dénoncer le non remplacement d’un arrêt maladie longue durée qui a débuté il y a un an, une création de poste est également réclamée. Si la directrice de l’hôpital est venue discuter quelques minutes dehors avec les manifestants vers 16h30, elle s’est éclipsée lors de leur prise de parole dans la cafétéria et a fait décrocher la banderole annonçant la grève laissée dans le hall.

Cette attitude a renforcé la motivation des grévistes : leur mouvement est d’ores et déjà reconduit ce mercredi et il s’ajoute aux nombreux autres déclenchés ces derniers mois suite à des réorganisations de service (le dernier en date en neurochirurgie).

Ce ne sera sans doute pas le dernier, un conflit couvant aussi du côté de la réanimation médicale de nuit à Bretonneau (45 personnes y exercent) : dès octobre, les agents feraient 12h de permanence au lieu de 10 : « on nous parle d’un essai de 2-3 mois mais on sait que ça risque d’être pérennisé » nous disent des manifestants venus soutenir leurs collègues des admissions. « Aujourd’hui on fait 21h-7h, demain ce sera 19h30-7h30 ou 20h-8h, les équipes seront divisées en 2, on ne pourra plus forcément faire du covoiturage comme actuellement, on sera plus fatigués et on verra moins nos familles. On nous dit que ça se fait déjà ailleurs mais pour nous ce n’est pas un argument. »

Une pétition vient d’être lancée sur le site change.org.

Olivier Collet