Tours

Haut de la rue Nationale : le projet remis à plat

L'annonce a été faite en Conseil Municipal

L'annonce était attendue. Depuis son arrivée à la tête de la ville de Tours en octobre dernier, le dossier du Haut de la rue Nationale, nommé "Porte de Loire", était un dossier brûlant pour Christophe Bouchet. Ce dernier avait en effet rapidement annoncé se donner le temps de la réflexion pour reprendre le projet en main face aux retards accumulés.

Le maire de Tours avait alors annoncé une décision à fin mars avec notamment une date de début des travaux. Oui mais depuis le mois dernier, Christophe Bouchet avait laissé entrevoir une remise en cause du projet, exprimant notamment des griefs sur le groupe Eiffage, retenu en 2014 comme promoteur du projet.

C'est donc en Conseil Municipal ce mercredi 28 mars que Christophe Bouchet a levé le voile, annonçant un "projet repris à la racine et remis à plat".Concrètement, le projet "Porte de Loire" tel qu'il est présenté depuis 2014 est envoyé aux oubliettes et Eiffage mis hors-jeu. « Cela fait 18 mois que nos interlocuteurs ne font plus avancer le dossier et qu'ils nous demandent une prorogation tous les 3 mois ». Et le maire de citer parmi les défaillances : des investisseurs qui n'ont pas été trouvés, ou encore les accords avec le groupe Hilton qui peinaient à se finaliser...

Des dysfonctionnements il semble bien y en avoir eu dans ce dossier qui traîne et sur lequel beaucoup de questions ont en effet été déjà posées. Et parmi celles-ci, vient s’en ajouter une aujourd’hui : pourquoi la ville de Tours n’a pas réagi avant ? A ce sujet, Christophe Bouchet d'avouer une trop grande confiance au promoteur : "Quand vous avez une grande entreprise comme Eiffage, on se dit qu'on peut faire confiance".

Terrain vierge aujourd'hui après les destructions opérées, que va devenir le haut de la rue Nationale dès lors ? Christophe Bouchet d'annoncer que tout n'est pas abandonné et qu'il souhaite un projet plus ambitieux, intégrant l'ensemble du périmètre environnant et non pas seulement les deux côtés de part et d'autres de la rue Nationale. Et le maire de Tours d'annoncer que les hôtels pourront dans ce futur projet, être conservés ou non, tout comme les permis de construire actuels.

"Je prends mes responsabilités" a assumé Christophe Bouchet pour qui cette remise à plat ne coûtera "pas grand chose à la ville, si ce n'est un peu de garanties d'emprunts". Un projet qui a déjà coûté malgré tout 10 millions d'euros à la collectivité.

Dans l'opposition, Nicolas Gautreau s'est notamment dit "effaré". "ce genre de dossiers on doit les suivre de près. Sur l'aspect financier vos arguments sont légers".

Pour le groupe "Tours à Gauche", Nadia Hamoudi évoque de son côté "un projet aujourd'hui enterré. Ce sont vos hésitations qui ont fait perdre du temps et non pas l'inertie des partenaires comme vous le dîtes" a-t-elle attaquée. Dans le lot de critiques de l'opposition, seul Gilles Godefroy du Front National s'est dit satisfait de la décision.

Mathieu Giua