Tours

Découvrir les traditions nippones au Japan Tours Festival

La cérémonie du thé et l’art du kôdô, autour du parfum.

Le Japan Tours Festival, ses costumes, ses mangas, ses jeux vidéo… Et ses ateliers autour des traditions japonaises. Tout le week-end, l’association tourangelle Hinode propose de découvrir des rites ancestraux du pays du soleil levant, avec des maîtres du genre.

Exemple ce vendredi après-midi avec Ikka Tsukuda qui fait découvrir les pâtisseries japonaises traditionnelles à un groupe de jeunes gens venus partager quelques instants avec ce maître de la cérémonie du thé. Les gestes sont précis, millimétrés, un peu techniques mais certains réussissent à les maîtriser presque du premier coup dans cette salle située au 2ème étage du Vinci.

Une tradition qui se perd au Japon

« Cette pratique autour du thé existe depuis au moins 1 200 ans » explique Ikka Tsukuda qui a pour sa part était baigné dans son univers dès sa naissance, les transmissions se faisant de manière automatique dans les familles. « A même pas un an j’étais déjà dedans. C’est interdit de s’en vanter, ce n’est pas un passe-temps ni un métier mais quelque chose dont on hérite. »

Si la tradition se perpétue, elle a tendance à se perdre, suscitant parfois presque plus d’intérêt hors du Japon que dans son pays d’origine : « même les jeunes ne pratiquent plus » déplore le maître. Pire : parfois des Japonais s’inspirent d’étrangers qui reprennent leurs traditions, mais avec moins de perfection. « c’est une activité qui permet de se chercher soi-même, de rester soi-même. Elle demande beaucoup de temps et de patience » explicité Ikka Tsukuda. « Par exemple, on recherche la beauté propre pour chaque geste. Quand vous prenez un objet, la plupart du temps vous avancez la main alors que les Japonais réfléchissent à la manière de rendre ce mouvement beau avec une façon élégante d’avancer le bras afin que ce soit le coude qui s’approche et non la main. »

Le plaisir d’un bain aux essences de yuzu

A ses côtés, Sari Hayakawa est elle une spécialiste du kôdo, discipline également ancestrale autour des senteurs, « on joue avec les parfums et les sens » dit-elle. « L’aspect ludique est important, pour deviner par exemple si un parfum est mieux ou moins agréable qu’avant. Et forcément le jeu change selon les saisons. »

Ce jeu permet aussi « de mieux se connaître » note Sari Hayakawa : « cela permet d’approfondir ses connaissances, de voir le monde s’ouvrir et d’éveiller sa curiosité. Mais on peut également se servir du kôdô pour la méditation. Cette discipline m’a aussi permis de me rendre compte de choses qui me manquaient. J’avais oublié de remercier une personne chère et en sentant des parfums ça m’est revenu d’un coup. »

Au Japon, le kôdô peut se pratiquer une fois par semaine, parfois plus, parfois moins. Sari Hayakawa fabrique elle-même ses parfums, en particulier à base de plantes : « je sens des choses nouvelles tous les jours. » Venue à Tours avec ses propres parfums, elle propose des ateliers mixant les senteurs avec le goût, par exemple celui des spécialités tourangelles comme le vin ou alors les pâtisseries japonaises très sucrées, le tout afin de faire comprendre que l’on peut ressentir un parfum différemment après avoir goûté autre chose : « l’odeur change vraiment nos sens » explique la professionnelle nippone qui loue le nez des Français qui ont selon elle plus tendance à utiliser leur odorat que les Japonais : « au Japon beaucoup de personnes ne comprennent pas malgré la tradition du kôdô. Et à force de ne pas faire attention, elles sentent moins bien alors que nous avons beaucoup d’odeurs fascinantes, comme le simple plaisir de prendre un bain aux essences de yuzu. »

Olivier Collet

Pour en savoir plus sur les ateliers, rendez-vous sur le stand de l’association Hinode.