Tours

Un tram-train Tours/St-Pierre-des-Corps, la solution à tous les problèmes ?

Il relierait la gare de Tours aux bords de Loire à St-Pierre-des-Corps.

Le tracé de la seconde ligne de tram de Tours La Riche/Chambray n’est même pas encore définitivement arrêté (à Tours, plutôt Boulevard Jean Royer ou Béranger ?) que déjà on ouvre le débat sur la 3ème ligne, celle que le président de la métropole Philippe Briand promet à St-Pierre-des-Corps pour compenser l’évitement de la commune dans le plan actuel.

A écouter la maire corpopétrussienne Marie-France Beaufils et plusieurs partisans du tram à l’Est de l’agglo, les trams devraient passer par le Boulevard Heurteloup, poursuivre sous l’A10, filer jusqu’à la Rabaterie – dernier grand quartier prioritaire non desservi par une infrastructure de transport rapide – puis repiquer vers la gare TGV voire même achever leur trajet aux Atlantes, ce qui plairait bien au directeur du centre commercial en question (mais pourrait coûter très cher car il faudrait sans doute creuser un tunnel).

Un tram pas assez rentable s'il passait au Nord de St-Pierre-des-Corps

En pointe sur les questions de transport, et plutôt bien vue par les élus, l’association ADTT a eu une autre idée, peut-être plus ambitieuse : un tram-train Tours-SPDC. L’inconvénient de ce projet ? Il nécessite que les soutiens du tram passant sur l’Avenue Jean Bonnin acceptent que cette grande route taillée pour accueillir un tram soit encore oubliée. Son gros avantage ? Il pourrait résoudre 4 problèmes en un : la navette Tours/St-Pierre-des-Corps, la desserte de St-Pierre par un tram, le passage d’un tram à la Rabaterie et la possibilité de réduire la place de la voiture dans l’agglo via un parking relais à son entrée Est.

La Rabaterie.

« Il y a une attente légitime du tram pour desservir St-Pierre-des-Corps et la Rabaterie » reconnait Vincent Degeorge de l’ADTT. Cependant, selon lui, le tracé par l’Avenue Jean Bonnin vers le Boulevard Heurteloup est inadapté : « elle est terminée depuis 2000 mais à part un immeuble sur pilotis il n’y a aucune construction sur 1,5km à cause du risque d’inondations. On perd donc un gros potentiel de voyageurs. Par ailleurs, aller jusqu’à la Rabaterie et revenir dans le centre vers la gare va faire perdre du temps aux gens qui veulent rejoindre le centre-ville de Tours. »

Des stations à la Rotonde, la Rabaterie, le lycée Nadaud...

Concrètement, que prévoient les plans de l’ADTT ? En fait l’association est partie de l’idée de la CFDT, défendue par de nombreux élus, qu’il faut remettre en place une navette ferroviaire Tours/SPDC pour faciliter les correspondances avec les TGV. Leur objectif est tout simple : au lieu d’avoir juste un train qui fasse l’aller retour entre les deux gares (ce qui ne serait pas du tout rentable financièrement aux heures sans correspondances), et si on prolongeait cette ligne vers la Rabaterie, le lycée Martin Nadaud puis les bords de Loire ? On aurait alors un train sur les premiers kilomètres, puis un tram dans la ville jusqu’à la frontière avec La-Ville-aux-Dames avec le même matériel. De quoi peut-être atteindre les 30 000 voyageurs nécessaires chaque jour pour rendre un tram économiquement intéressant.

Ce projet est-il réalisable ? L’ADTT qui le propose après consultation de la CFDT explique que oui (mais sans le chiffrer). Le tram-train partirait de la gare de Tours et emprunterait une voie SNCF aujourd’hui inutilisée (si la compagnie ferroviaire accepte de la céder). Au niveau de la Rotonde, une station serait aménagée pour que les rames se croisent, le pont serait élargi puis les voyageurs poursuivraient jusqu’à la gare de St-Pierre-des-Corps, « ce serait moins coûteux qu’une ligne toute neuve ou que de faire passer un tram Rue Édouard Vaillant par exemple » souligne Vincent Degeorge.

3 ans pour convaincre les élus

Arrivé au parking de la gare TGV, le tram-train ferait demi-tour et partirait vers la mairie par la Rue Pierre & Marie Curie « que l’on peut imaginer entièrement dédiée au tram même si cela supprime des places de stationnement », puis donc la Rabataerie, la Rue Lénine, le lycée Nadaud et enfin les bords de Loire où un parking relais est envisagé « par exemple sur le site actuel de Primagaz qui va déménager. Cela permettrait d’intéresser des gens de l’extérieur de l’agglo qui veulent venir prendre le TGV mais ne peuvent pas se garer. »

Le plan de la ligne de tram-train proposé par l'ADTT.

Devant impérativement être complété par un projet de bus qui desservira correctement le Nord de St-Pierre-des-Corps mais aussi les Atlantes voire le parc expo, cette éventuelle ligne de tram-train présentée aux élus la semaine dernière par courrier ne pourra se réaliser qu’avec la collaboration de tous les acteurs : SNCF, Tours Métropole mais aussi la région Centre-Val de Loire. Sans doute le point le plus épineux. Philippe Briand a annoncé que les discussions officielles sur la 3ème ligne de tram débuteront dès le lancement des travaux de la ligne B, soit à l’horizon 2021-2022, l’ADTT a donc 3 ans devant elle pour prouver que cette idée est la plus ambitieuse.

Olivier Collet

De son côté, la CFDT poursuit sur sa lancée et son projet de navette reliant juste les gares de Tours et St-Pierre-des-Corps sans chiffrer son potentiel de passagers. Elle propose depuis peu une variante qui arriverait au sud de la gare, via un pont de 25m à voie unique qui traverserait les rails (détails ici).

Le syndicat a rencontré le député LREM de Tours Philippe Chalumeau vendredi dernier pour lui en parler, ce dernier jugeant le projet « simple, économe d’espace et facile à réaliser » et il s’est engagé à agir dans son sens auprès des autres élus et de la SNCF tout en n’ayant pas de réponse sur la fréquentation de cette ligne.

Pour Tours Métropole, Frédéric Augis aussi s’est engagé à étudier le dossier avec sa variante. La CFDT doit rencontrer prochainement Fabienne Colboc et Sophie Auconie (députées) et Pierre Louault (sénateur) pour d’autres rendez-vous sur la navette espérant que le sujet sera au centre du débat des municipales 2020 pour une entrée en service le plus rapidement possible.