Tours

Risques d'inondations : une taxe en débat pour protéger Tours

Elle pourrait entrer en vigueur en 2019.

Vous vous souvenez des inondations de 2016 ? La Gloriette sous les eaux, les évacuations à l'Ouest de Tours, le Cher à deux doigts de passer par dessus les digues... Vous vous souvenez peut-être aussi du débat sur le PPRI, le Plan de Prévention des Risques d'Inondations, sujet bien technique mais essentiel puisqu'il dit notamment ce que l'on a le droit de construire, ou pas, en fonction des éventuels caprices de la Loire et du Cher.

Après le PPRI, voici un nouveau sigle un peu barbare : le GEMAPI. En résumé, c'est une compétence de Tours Métropole et ça signifie Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations. C'est par exemple l'entretien des berges et des digues dans les 22 communes de l'agglomération. Et pour faire tout ça, il faut... des euros. Beaucoup d'euros, des millions. Et où on les trouve ? Peut-être en faisant une taxe.

A partir de 2019, Tours Métropole aura la possibilité de prélever un impôt supplémentaire afin d'abonder son budget GEMAPI. On parle de 7€ en plus sur la taxe d'habitation (pour celles et ceux qui la paieront encore) et 3€ sur la taxe foncière. "Il va falloir expliquer les enjeux et le coût de l'inaction" expliquait jeudi soir le conseiller métropolitain Emmanuel Denis, favorable à cette taxe mais conscient que les Tourangeaux ne sont pas forcément du même avis. "il faudra expliquer à la population qu'une fois que l'eau est là c'est encore plus cher, des centaines de millions d'euros de coûts pour les dernières inondations à Paris ou 150 millions à Montpellier."

La maire de St-Pierre-des-Corps Marie-France Beaufils, dont la commune est entre Loire et Cher et donc très exposée, estime pour sa part qu'avant de déterminer le niveau de la taxe il faudra chiffrer "un programme d'action" et "une stratégie locale" afin d'avoir une idée de la somme des dépenses nécessaires. La question devra être tranchée d'ici le 15 octobre si la métropole veut percevoir cette nouvelle taxe dès 2019.