Tours

A Tours, on s’échange les heures de baby-sitting

Une communauté de parents s’organise pour programmer des sorties sans les enfants.

Jennifer Champion et son compagnon ont une petite fille. L’an dernier, ils sont partis en vacances avec elle pour la première fois et avaient envie de se faire un restau en amoureux, « on a cherché quelqu’un pour la faire garder mais on n’a pas trouvé », donc pas de dîner en tête à tête. Frustré, le couple réfléchit : « on a repensé à toutes les familles qui étaient là au même moment et on se disait qu’il devait être possible de se rendre service entre parents. Qu’un soir on pouvait leur enfants puis l’inverse le lendemain ou le surlendemain le temps d’un repas ou d’une visite de musée. »

120 familles testent déjà le dispositif

De cette mésaventure de vacanciers est venue une idée : Jennifer, prof des écoles, est aujourd’hui entrepreneuse et prépare le lancement officiel de Freebulle, un site web pour mettre en relation des parents dispos avec des parents qui ont envie de sortir ou ont un problème de nounou au dernier moment : « le projet a mûri. Au départ c’était pour les vacances mais on pense que ça peut fonctionner au quotidien. »

En Indre-et-Loire, Freebulle fonctionne déjà dans le cadre d’un groupe Facebook fermé rassemblant 120 familles tourangelles : « ils testent le service, on se rencontre régulièrement pour savoir à qui on fait confiance et créer des affinités » explique Jennifer Champion. Le mode de fonctionnement est encore artisanal mais occupe la jeune maman à plein temps, week-ends compris : « quand il y a un besoin, les parents me contactent avec leurs critères, par exemple les parents à qui ils font déjà confiance, j’écris aux personnes concernées, je transmet les réponses postives et ils s’arrangent entre eux. »

Une version grand public en avril pour Tours et Lyon

Un procédé qui facilite les rencontres dixit Jennifer : « si les parents ne se connaissent pas, je leur conseille de s’inviter pour le café, voir si ça matche. On a commencé comme ça mi-septembre et depuis certains sont devenus amis, se voient en dehors des moments de garde, se rendent service en se prêtant du matériel… Des mamans ont pu reprendre des cours du soir, d’autres qui sont célibataires ont repris les sorties entre copines. » Pour garantir la confiance, l’équipe du site demandera aux inscrits de transmettre leur carte d’identité et un extrait de casier judiciaire.

Le concept solidaire va se professionnaliser dans les prochaines semaines, avec l’aide de Pierre et Ghislain : une première version d’un site Internet sera lancé dans les prochains jours afin que les familles puissent la tester. Le service devrait ensuite être lancé en avril, au moment du salon Kidexpo de Paris. Deux villes seront alors disponibles : Tours et Lyon, toujours avec le principe d’échange de services gratuits « mais si les gens n’ont pas le temps ou pas la possibilité d’échanger les gardes ils pourront acheter des crédits » détaille Jennifer Champion qui base son modèle économique sur celui du célèbre site d’annonces Le Bon Coin et vient de lancer une campagne de financement participatif sur le site Make in Loire Valley afin de rassembler 5 000€, un objectif quasiment atteint à l’heure où nous publions cet article.

Olivier Collet