Tours

Ce que vous devez savoir sur les Travaux d’Intérêt Général en Indre-et-Loire

Ils permettent d’éviter la prison.

Ce jeudi, on va parler TIG à l’Hôtel de Ville de Tours. Le Tour de France du TIG s’y arrête toute la journée. Le TIG, c’est un Travail d’Intérêt Général, une décision judiciaire vue comme une alternative à la prison. Durant entre 20 et 280h, un TIG est effectué au sein d’une collectivité locale ou d’une association, voire d’entreprises assurant une mission de service public. En Touraine, le dispositif est plutôt bien rôdé mais le parquet aimerait attirer encore plus de partenaires, d’où la participation à cette journée en mairie avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation.

Pour en savoir plus sur le sujet, on a passé un coup de fil à un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, Fabrice Van-Cuyck. Il nous apprend que :

  • En 2017, 330 peines de TIG ont été prononcées par le tribunal de grande instance de Tours
  • Plus de 70 structures accueillent des « tigistes » dans le département
  • Dans la grande majorité des cas, les personnes condamnées effectuent leur peine
  • Les peines de TIG dépassent rarement 140h, surtout si les condamnés ont déjà un travail
  • Le taux de récidive est similaire à celui des personnes incarcérées

Avec un nombre important de partenaires en Indre-et-Loire, l’institution judiciaire estime que le département est un « bon élève » pour le développement du travail d’intérêt général. Évidemment, Fabrice Van-Cuyck en espère plus mais il se fixe un autre objectif plus important : « développer la qualité des postes. » Explication : « c’est souvent des missions d’entretien ou de manutention. Dans les petites communes qui ont 2-3 agents techniques c’est des tâches sur la voirie, les espaces verts… Dans les associations, on leur demande de charger des camions aux Restos du Cœur, de déplacer des meubles chez Emmaüs… Ce serait donc bien que l’on puisse développer des postes où les gens utilisent leurs compétences, par exemple s’ils ont un CAP. Ils pourraient alors utiliser les TIG pour relancer un métier qu’ils n’ont pas toujours exercé. »

Le SPIP37 réfléchit aussi à intégrer les « tigistes » dans des associations ayant un lien avec l’infraction commise, « mais ce n’est pas simple. » Il essaie par exemple de contractualiser avec les pompiers. Avec l’hôpital c’est déjà fait mais plutôt en cuisine ou pour les espaces verts « donc il n’y a pas de lien avec les délits routiers » note Fabrice Van-Cuyck. Seul le centre de réadaptation de la Croix Rouge de La-Membrolle-sur-Choisille peut correspondre avec des postes en cuisine mais aussi dans l’animation ou à l’accueil, « sauf qu’il n’est pas facilement accessible pour des personnes non véhiculées qui auraient perdu leur permis. »

Globalement, le TIG fonctionne donc bien en Indre-et-Loire mais les discussions sont constantes pour rendre le dispositif plus efficace avec l’ambition de ramener les personnes condamnées vers l’emploi, « globalement elles comprennent bien ces peines qui évitent la prison ou de payer des amendes et parfois elles se voient même proposer des contrats à l’issue des missions » conclut le conseiller pénitentiaire.

Olivier Collet