Tours

Les agriculteurs fatigués mais déterminés

Après avoir tenu devant la Préfecture.

Ce vendredi en fin d'après-midi, ils étaient encore une vingtaine d'agriculteurs présents devant la Préfecture d'Indre-et-Loire. Arrivés la veille au soir, ils continuaient leur mouvement de contestation contre la réforme de la carte des "zones défavorisées". Une réforme qui risque de pénaliser l'Indre-et-Loire avec une perte de zones aidées dans la nouvelle mouture. C'est cette crainte qui a conduit les agriculteurs à quitter leurs exploitations pour se faire entendre. Et depuis une semaine, entre barrages filtrants sur l'A10 ou le périphérique comme jeudi soir, actions coups de poings comme le déversement de lisiers et pailles devant la Préfecture... ils expriment une colère franche et sincère.

Avec 15 000 euros de revenus moyens par an et par agriculteur, il faut dire que la carte des "zones défavorisées" qui permet de bénéficier entre 5 000 et 15 000 euros d'aides européennes par an, n'est pas un sujet négligeable.

Ce vendredi soir, les présents se montraient fatigués après deux jours de mobilisation et une nuit blanche pour certains, à manifester sur le périphérique puis dans le centre de Tours (place Jean-Jaurès et Préfecture dans la nuit de jeudi à vendredi).

Après une semaine de mobilisation,l'heure était à un premier bilan également. Si, les agriculteurs éspèrent toujours avoir accès à la nouvelle carte avant qu'elle ne parte à Bruxelles pour validation par l'Union Européenne, ils entendent franchir un cap supplémentaire dans la mobilisation en visant notamment le Salon de l'Agriculture qui ouvre ses portes le 24 février prochain.

En coulisses, les élus (tous les élus locaux sont venus près d'eux pour afficher leur soutien) agissent également pour défendre le territoire. Ce vendredi, Sophie Auconie en réponse à nos questions avait bon espoir de voir les territoires du Lochois et de Montrésor être réintégrés dans la nouvelle carte, ainsi que le nord du département. Du côté des agriculteurs, le constat était plus implacable : "On sait très bien que satisfaire les uns, conduira à mécontenter d'autres. On joue la survie de nos métier en ce moment, on sait que ça peut perturber la population, mais c'est le seul moyen de se faire entendre". Devant, la place de la Préfecture porte les stigmates de cette colère franche.