Tours

Colère d’agriculteurs en centre-ville de Tours

Ils sont venus manifester avec leurs tracteurs.

Les agriculteurs d’Indre-et-Loire ne viennent pas tous les jours jusqu’à Tours. Ce mercredi après-midi, ils se sont néanmoins déplacés en nombre afin de se faire entendre. Au total, ils étaient une soixantaine en centre-ville, avec plusieurs tracteurs. Après une opération escargot, ils ont rejoint le siège de la Direction Départementale des Territoires où ils ont déversé lisier et fumier. Puis, alors qu’une délégation était reçue en préfecture, ils se sont rassemblés sur la place avec les engins agricoles. L’occasion d’écouter leur colère…

Le cœur du problème c’est une refonte envisagée de la carte des zones agricoles défavorisées qui impactera les éleveurs. En clair, ils risquent de perdre plusieurs milliers d’euros d’aides annuelles. A Channay-sur-Lathan, un éleveurs possédant plusieurs troupeaux a fait ses calculs : 7 500€ de pertes d’aides, ce qui menacerait son entreprise à court terme. Dans le même canton de Château-la-Vallière, un autre éleveur perdrait lui 8 000€, ce qui représenterait actuellement la quasi totalité de ses revenus : « j’élève 60 vaches allaitantes, et je vends les veaux mais je le fais à perte. On nous les achète aujourd’hui au même prix qu’en 1984 » se désole-t-il, imaginant la fin de l’entreprise familiale.

Aujourd’hui, les agriculteurs de l’UDSEA d’Indre-et-Loire et du syndicat des Jeunes Agriculteurs en appellent donc à l’État pour trouver une solution : « mais lors d’une réunion récemment à Paris, seul 1 des 4 députés tourangeaux concernés est venu, comment doit-on le prendre ? » s’interroge un autre éleveur de Neuillé-Pont-Pierre. Le problème selon lui ce n’est pas le budget de ses aides, qui ne changera pas, simplement la réforme de la cartographie : « certains seront gagnants et d’autres perdants, on nous monte les uns contre les autres. »

S’ils n’obtiennent pas d’avancées, les agriculteurs tourangeaux syndiqués promettent de nouvelles actions plus fortes : « aujourd’hui, c’est seulement 5-6% de ce qu’on peut faire » prévient l’un d’eux avant d’éteindre le feu de paille devant le portail de la préfecture. Les délais sont courts : les aides, versées en plusieurs fois, devraient encore être accordées cette année avant des modifications pour 2019.

Olivier Collet