Tours

La génération Hamon s’organise en Touraine

Un mouvement se crée autour de l’ancien candidat socialiste à la présidentielle.

La Tourangelle Emilie Delcher est persuadée que les idées portées par Benoit Hamon parlent à plus de 6% des Français. 6%, c’était le score du candidat socialiste à la dernière présidentielle en 2017, élection pour laquelle elle était référente en Touraine. Depuis, l’ancien ministre de François Hollande a quitté le PS et lancé son propre mouvement, Génération.s. Emilie Delcher en est logiquement la coordinatrice « provisoire » pour notre département : « Génération.s c’est un mouvement de gauche, féministe, écologiste et progressiste » explique-t-elle.

En Indre-et-Loire, ils sont environ 200 à se retrouver derrière cette définition et entre 75 et 80 à participer régulièrement aux réunions des différents comités à Tours et dans son université, à Joué-lès-Tours ou Chinon, bientôt à Fondettes ou dans le Val de l’Indre. Dans le groupe, une quarantaine de membres sont passés par le PS, d’autres ont milité chez les Verts ou dans des associations comme la FCPE. Dans la liste, on trouve Jacky Paris, un militant historique qui a claqué la porte du PS il y a quelques semaines seulement, mais aussi Marie-Line Moroy (élue d’opposition « non encartée » à Joué-lès-Tours), l’ancienne conseillère régionale Denise Ferrisse (présidente d’Eau Touraine) ou Yves Godard.

Leur objectif à toutes et tous : remettre au cœur du débat les propositions portées par le candidat Hamon au printemps 2017 « comme le rapport au travail, le revenu universel, la taxe robots, les droits des animaux, la recherche de solutions alternatives à l’Europe ultralibérale et à l’austérité. » « Notre ambition c’est l’unité de la gauche » poursuit Emilie Delcher qui compte s’investir au niveau local dans des mouvements existants comme Convergences pour la défense du service public ou les mobilisations en lien avec le CHU de Tours voire le projet de cuisine centrale métropolitaine.

Marie-Line Moroy

Qu’ils soient passés par le PS ou non, tous voient aujourd’hui l’ancien parti de Benoit Hamon comme moribond, « fatigué » voire « terminé ». Avec Génération.s ils espèrent trouver « des solutions nouvelles aux problèmes d’aujourd’hui, voter Pour plutôt que de voter utile sans convictions. » Génération.s compte par ailleurs se différencier de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, sans pour autant « occulter son importance politique ». Ses membres tourangeaux n’excluent pas des convergences au niveau local mais au niveau national ce sera bien plus compliqué, en raison de divergences sur l’Europe.

Concernant les scrutins, « nous n’avons pas vocation à faire des listes locales » notent les militants de Génération.s qui préparent cependant les élections européennes de 2019. Un programme commun est à l’étude avec le mouvement du Grec Yanis Varoufakis. Bien avant cela, le premier événement tourangeau du mouvement aura lieu dès ce mardi 30 janvier avec la venue de Benoit Hamon pour une réunion publique et gratuite sur la jeunesse à l’amphi 2 de la Fac des Tanneurs, et à partir de 18h.

Olivier Collet