Tours

Déjà 18 100€ pour financer les travaux du Bateau Ivre

La vente aux enchères organisée samedi a eu beaucoup de succès.

Samedi soir, le Bateau Ivre a fermé ses portes à 20h. Pour la dernière fois, on a pu prendre un verre à la buvette, s’asseoir dans les fauteuils rongés par l’humidité dans cette salle de concert jamais chauffée de la Rue Édouard Vaillant de Tours. Les nouveaux propriétaires des lieux (au nombre de 1 600), qui ont investi dans des parts sociales à 100€ pour acheter le bâtiment de manière groupée, vont désormais s'atteler à le rénover de fond en comble.

Si tout va bien, en 2019 (en mars dans le meilleur des cas, peut-être en décembre s’il y a des retards) les portes rouvriront et on pourra de nouveau profiter d’événements festifs et enrichissants dans ce qui sera alors devenu une distillerie culturelle, disponible à la location pour un maximum de projets de tous horizons. Mais pour aller jusqu’au bout de ce projet ambitieux et expérimental, né de la surmotivation d’un collectif (Ohé du Bateau) qui a dû batailler contre de nombreuses tempêtes avant de prendre la barre, il faut encore trouver des sous.

580 000€ de travaux

Acheté 270 000€, le Bateau Ivre nécessite de lourds investissements pour le rendre accessible aux personnes en situation de handicap, réaménager son espace intérieur, et isoler sa toiture amiantée. « La fourchette haute c’est 580 000€ TTC » note Carole Lebrun, la présidente de la Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) qui regroupe tous les investisseurs.

Rassembler une telle somme est un océan de plus à traverser pour les moussaillons qui veulent renflouer le Bateau. Pour commencer à amasser des fonds, une vente aux enchères de 65 œuvres d’art était organisée ce samedi 20 janvier dans la salle, exceptionnellement ouverte au public pour l’occasion (300 places, pas une de plus, chacun devant mettre un collier de fleurs afin de compter l’assistance).

Un record à 1 100€ pour une photo

Animée par le plus célèbre des commissaires priseurs tourangeaux Aymeric Rouillac, la vente a permis de récupérer 18 100€, soit en moyenne 278€ par œuvre. L’intégralité des fonds va au Bateau, avec un record de 1 100€ pour une photo de Marie Pétry Rue Nationale. Soulignons aussi ce geste de classe ultime d’une spectatrice qui a acheté pour 750€ une sculpture illuminée en forme de bateau de Bernard Delaire et qui a décidé de la laisser à la salle dont l’équipe s’était montrée émue à l’idée de la voir partir, tant elle symbolisait son aventure.

Rythmée par les sketchs humoristiques improvisés de Franck Mouget, comédien ultra investi dans la résurrection du Bateau Ivre, cette vente aux enchères de 3h30 a permis de prouver l’attachement de Tourangeaux de divers horizons à cette salle qu’ils ont connue plus jeunes ou à ce projet culturel qu’ils ont envie de voir aboutir. Certains sont repartis avec jusqu’à 5 œuvres, d’autres ont bataillé ferme pour en obtenir une repérée à l’avance.

Début du chantier dans quelques semaines

Émue à la fin de la soirée, Carole Lebrun confie : « on se disait 10 000 ce serait bien, 15 000 super mais 18 000 c’est extra ! Quand on a des encouragements comme ça, ça donne la pêche ! » Place maintenant aux choses sérieuses : la sélection des entreprises qui feront les travaux, le planning des opérations… « On va voir ce que l’on peut faire en chantier participatif et pour quelles parties ont doit absolument avoir recours à des professionnels » poursuit la présidente de la SCIC Ohé qui cherche naturellement à réduire les coûts.

Pour obtenir d’autres rentrées d’argent, une nouvelle souscription publique sera lancée d’ici peu, il est toujours possible de rejoindre la société coopérative en prenant des parts (à partir de 100€) et une nouvelle vente n’est pas à exclure, cette fois avec du matériel de la salle (comme des fauteuils).

Une salle pour 600 personnes

Dans les prochains mois, le Bateau Ivre va donc changer de visage. A terme, une avancée sera créée devant l’entrée pour rendre la salle plus facilement accessible. La scène et les gradins seront modulables, l’espace bar et la régie seront réaménagés, la déco extérieure refaite pour devenir plus sobre et le toit isolé en attendant une rénovation plus profonde (pour se débarrasser de l’amiante)…

Au final, le lieu pourra accueillir jusqu'à 600 personnes pour du cirque, de la musique, du théâtre… « On lance un appel à nos sociétaires pour qu’ils nous disent de quoi ils ont besoin comme équipements » précise aussi Carole Lebrun. Car l’objectif c’est surtout qu’à terme le Bateau vive, et le plus souvent possible.

Olivier Collet / Photos : Claire Vinson

Pour plus de photos, voir notre reportage sur 37 degrés