Tours

Faute de local, La Table de Jeanne-Marie sert à manger dans la rue

Mais l’association continue ses distributions alimentaires.

Le froid pique un peu et le Soleil se fait très discret ce lundi sur la Place Neuve du Sanitas à Tours. Devant le supermarché et le Centre de Vie, une table, quelques chaises et un air de violon joué par un étudiant : une trentaine de personnes sont là pour le déjeuner. Un repas dans la rue, offert par l’association La Table de Jeanne-Marie. Au menu : soupe chaude, fromage, laitages, sandwichs triangles, oranges… Des aliments récupérés auprès d’épiceries sociales, de supermarchés, de boulangeries ou de restaurants. Plusieurs personnes (des hommes, des femmes, des enfants) se relaient pour prendre ce qui leur fait envie, sous le regard bienveillant des bénévoles.

Malgré quelques sourires de façade, l’ambiance est pesante. Il y a même un peu de colère, d’agacement et d’incompréhension dans l’esprit de celles et ceux qui sont rassemblés ici. Car si la distribution alimentaire a été montée sur ce bout de bitume ce lundi 8 janvier c’est faute de mieux. Après deux ans passés dans des locaux de la Rue des Abeilles (près de la Place Velpeau) et 15 jours de dépannage dans des locaux paroissiaux du quartier Blanqui, La Table de Jeanne-Marie est à la rue et se pose là où elle peut. Fini la popote conviviale et les repas au chaud dans toutes les langues comme on avait pu le découvrir en visitant le repère de l’association, place au système D.

Comment en est-on arrivé là ? En fait, La Table de Jeanne-Marie était locataire du rez-de-chaussée qu’elle occupait à Velpeau. Depuis début 2016, elle y servait chaque midi, 365 jours par an, un repas chaud et au sec aux plus démunis, en particulier des migrants. Sauf que le bail s’est achevé fin 2017 et que malgré une trésorerie de 100 000€, l’association n’a pas réussi à trouver une location ou un achat pour organiser ses repas. Elle cherche depuis plusieurs mois, mais sans succès. Pour autant, pas question de stopper ses activités : « s’il faut servir à manger tous les jours dans la rue on le fera » nous dit l’un des 60 bénévoles, Patrick Bourbon.

Soutenue par plusieurs autres associations tourangelles (Chrétiens Migrants, le Réseau Education Sans Frontières, France Kurdistan…), La Table de Jeanne-Marie a donc entamé des démarches auprès des pouvoirs publics pour obtenir un coup de pouce. Elle vise notamment un restaurant de la Place Neuve, fermé depuis un an et propriété de Tours Habitat : « on leur a écrit mais ils nous ont répondu qu’il n’était pas aux normes. Pourtant nous sommes prêts à signer un bail précaire et à partir du jour au lendemain si l’on trouve autre chose ou s’ils font des travaux. Mais au moins en attendant on pourrait faire manger les gens assis et à l’abri. Franchement sur Tours il y a suffisamment de locaux vides pour que l’on puisse trouver une solution ! »

Plus d'infos dans notre second article publié sur 37 degrés