Tours

Cité de la Gastronomie : comment la rendre plus populaire ?

Création d’un restaurant, résidences de chefs, formations en cuisine : la ville de Tours a des idées pour la Villa Rabelais.

Le saviez-vous ? En ce moment, il y a une exposition autour de la photo culinaire à la Cité de la Gastronomie de Tours (entrée 5€ avec verre de vin et macaron de Cormery). Déjà présentée pendant le festival des Francos Gourmandes en septembre 2017, elle est toujours d’actualité et se visite chaque jeudi dans les salles de la Ville Rabelais qui abrite le siège de l’association.

Ex antenne de l’Université de Tours, ce bâtiment historique accueille régulièrement des événements (conférences, repas…) et on y a vu pas mal de monde pour découvrir le Salon du Livre Gastronomique à l’automne dernier. Intéressant… mais pas suffisant. Situé en périphérie immédiate du centre-ville, à dix minutes des Halles, l’endroit attire peu. Clairement, la Cité a du mal à exister auprès des Tourangeaux et son agenda manque de notoriété. Dommage pour un outil qui a notamment pour mission de servir de vitrine à la ville de Tours.

Quand on dit tout ça à Jérôme Tebaldi, le nouvel adjoint au maire de Tours en charge du rayonnement, il ne nie pas les difficultés mais trouve le constat assez sévère : « la Cité de la Gastronomie cela fait 15 ans que l’on en parle sauf qu’elle n’a que deux ans et demi d’existence. C’est pour cela qu’elle peine mais c’est un très beau projet qui évolue. Elle ne touche pas encore tous les publics mais elle se développe. Elle est lancée et elle part ! » Et de citer par exemple la participation de chefs lors de la Forêt des Livres l’été dernier ou les initiatives de l’IEHCA.

« Sûrement » une deuxième édition des Francos Gourmandes

S’il défend l’équipe en place (présidée par Emmanuel Hervé), l’élu LR reconnait des faiblesses à la structure : « elle pourrait plus s’ouvrir vers le grand public et les professionnels même si ces professionnels ne sont pas des têtes d’affiche en Touraine – ou ne le sont plus –, ce qui est également un problème. » Cela dit, Jérôme Tebaldi refuse que la ville endosse seule la responsabilité d’un bilan timoré : « quand ça va bien, la Cité fait rayonner ses 4 partenaires financiers – la ville, la métropole, le département et la région. En revanche, quand ça ne va pas, on se tourne uniquement vers la mairie… »

Les Francos Gourmandes en septembre 2017, (c) Claire Vinson

Pour autant, l’adjoint au maire est bien décidé à peser de tout son poids pour faire avancer les différents dossiers…

  • Le Grand Repas : « c’est un projet à améliorer. C’est bien de servir un menu identique à 130 000 personnes mais il faut donner encore plus de sens à cet événement et fédérer autour de lui. L’idée ce n’est pas d’être dans le Guinness des records, ça n’a pas d’intérêt. »
  • Le festival des Francos Gourmandes : « il y aura sûrement une deuxième édition, ça va se discuter au mois de janvier (un rendez-vous était prévu en décembre mais il a été reporté car le maire était malade, ndlr). L’idée n’est pas mauvaise, c’était bien de le lancer. Les concerts auraient pu accueillir plus de monde s’il n’avait pas fait aussi froid. Aux Halles, il y a eu du positif, la grande tablée notamment. Après, c’est vrai qu’on aurait pu espérer plus de proximité avec le public pendant les battles de chefs, avoir une communication plus locale et moins nationale ou encore proposer une offre de restauration et de bar plus locale… Mais sur ce point il y a eu des difficultés d’ordre budgétaire qui ne l’ont pas permis. »

Des projets avec l’Italie et la Corée du Sud

En dehors de ces deux grandes manifestations, Jérôme Tebaldi travaille sur la création d’une semaine autour de la gastronomie italienne pour l’automne prochain, dans le cadre du jumelage de Tours avec la ville de Parme. L’élu est ainsi en lien avec l’Ambassade d’Italie qui a développé un concept similaire à Paris et il va jusqu’à imaginer un partenariat entre les vins de Loire et le célèbre jambon de Parme, sur le modèle de celui créé avec les vins de Champagne (« même si ça ne marche pas très bien »). Des contacts autour de la gastronomie sont par ailleurs initiés avec la Corée du Sud.

A part ça, « le but n’est pas de faire trop d’événementiel » insiste l’adjoint au maire qui déplace le débat sur la mission première de la Cité de la Gastronomie, « le savoir transmettre » : « on va aller vers les professionnels, les écoles, l’apprentissage… Quand on veut apprendre la cuisine, il faut qu’on pense tout de suite à venir à Tours. » Des cuisines professionnelles doivent ainsi voir le jour dans le bâtiment situé au fond du jardin de la Villa Rabelais, côté Rue Victor Hugo (on avait parlé de l’installation d’une antenne de la célèbre école Ferrandi qui reste à confirmer).

Enfin, Jérôme Tebaldi cherche la solution pour que les Tourangelles et les Tourangeaux se rendent plus facilement et spontanément jusqu’au 116 Boulevard Béranger : « les gens doivent identifier le lieu et venir. Peut-être que ça doit devenir un lieu où l’on vient goûter, déjeuner, dîner… pour découvrir. C’est vrai que ça peut paraître bizarre d’avoir une Cité de la Gastronomie qui n’offre rien à manger et à boire. A un moment il faudra éventuellement y créer un restaurant, ou une formule similaire. Il y a une réflexion là-dessus comme il y en a une sur l’opportunité d’accueillir des résidences de chefs, par exemple. » Les hameçons sont lancés, reste à voir si ça va mordre…

Olivier Collet