Tours

La chirurgie ambulatoire de plus en plus importante au CHU de Tours

De plus en plus de patients rentrent chez eux le jour même de leur opération...

En matière de santé, la chirurgie ambulatoire ne cesse de se développer ces dernières années et concerne aujourd'hui plus d'un acte chirurgical sur deux. Une tendance qui devrait continuer de progresser avec un objectif fixé par la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, de 7 actes chirurgicaux sur 10 en ambulatoire à l'horizon 2022 en France.

La chirurgie ambulatoire c'est quoi ?

Autorisée en France depuis 1992, la chirurgie ambulatoire n'a cessé depuis de prendre de plus en plus d'importance dans le système de soins chirurgicaux en France. Son principe : le patient entre le matin pour une opération chirurgicale et ressort le soir même. Un mode de prise en charge au départ pour des actes légers mais qui s'étend de plus en plus et pouvant aller aujourd'hui jusqu'à des actes comme la pose de prothèse de hanches...

Au CHU de Tours, c'est ainsi 37,5% des actes chirurgicaux qui se font aujourd'hui en ambulatoire (52% en moyenne dans les hôpitaux français). Un chiffre avec des disparités selon les services. Ils sont notamment de 48,8% en pédiatrie mais seulement 35,4% pour les adultes.

Pour Anne Calais, responsable des projets médicaux au CHU de Tours, la chirurgie ambulatoire possède plusieurs avantages à commencer par un meilleur confort du patient. "Tout le processus est centré sur le patient qui est accompagné en amont et en aval. Il ne sort après l'opération que si son score de sortie, c'est-à-dire son état de santé, le permet. Après il bénéficie des soins post-opératoires normaux chez lui et a une visite de contrôle à l'hôpital". Un processus strict mais plutôt banal à écouter notre interlocutrice.

Un processus qui nécessite "une coordination parfaite entre les services" ajoute de son côté Isabelle Le Roy, cadre supérieure dans la filière soignante des blocs opératoires du CHU. Possible du lundi au vendredi entre 7h et 19h, la chirurgie ambulatoire est mené de manière transversale entre les services et chaque opération est gérée avec un timing millimétré : "comme le patient sort le soir, tout le process est ultra-précis pour respecter les délais nécessaires à une bonne prise en charge. Il faut donc une gestion des flux optimale au niveau de l'organisation."

Une unité à Clocheville au printemps 2018

A Tours, le CHU propose actuellement 3 unités de chirurgie ambulatoire (qui doivent être séparées du reste des unités chirurgicales), une à Trousseau et deux à Bretonneau (dont une pour le centre Olympe de Gouge), et une quatrième unité verra le jour au printemps 2018 sur le site de Clocheville. Un développement qui doit permettre d'atteindre les objectifs fixés de réaliser 60% des actes chirurgicaux en ambulatoire à moyen terme et 50% dans les 10 ans à venir. "Un chiffre qui serait satisfaisant vu le nombre de domaines d'interventions que nous avons à Tours qui est un grand CHU" précise Anne Calais.

Un développement de la chirurgie ambulatoire que la ministre a donc fixé comme objectif, tout en y voyant un moyen d'agir sur le déficit de la sécurité sociale. De quoi inquiéter néanmoins les syndicats et une partie du personnel vigilants à ce que cela ne devienne pas une menace pour certains emplois et au bout du compte une perte de compétences du service de santé publique.

A Tours, cette crainte est d'autant plus justifiée que dans le même temps le plan CHU 2026 prévoit une baisse d'environ 300 lits sur l'ensemble du CHU. De son côté, Anne Calais assume pleinement les économies que peut engendrer le développement de la chirurgie ambulatoire : "l'Hôpital public doit faire des économies, c'est dans les objectifs ministériels, c'est quelque chose que nous assumons. Et faire des économies cela peut être aussi vertueux parce que cela permet de développer de nouveaux projets derrière par exemple."

Quant aux patients, la direction du CHU l'assure, les retours sont positifs : "il n'y a aucune perte en qualité de services et c'est plus agréable d'être chez soi plutôt que de devoir dormir à l'hôpital".