Tours

Tours Métropole s’empare de la gestion de l’eau

Et des citoyens l’encouragent à ne pas confier le dossier au privé.

Avec la transformation de Tour(s)Plus en Communauté Urbaine puis en Métropole, l’agglomération a récupéré la compétence pour la gestion de l’eau dans ses 22 communes. C’est un sujet important, l’eau. On en a besoin au quotidien pour la cuisine, pour se laver, pour boire… C’est un bien précieux, aussi, à manier avec précaution surtout en ces temps où les sécheresses se multiplient et où il est bon de faire des économies. C’est donc un sujet politique important.

Désormais, c’est donc du côté des Deux-Lions de Tours que l’on pilote tout ça. Enfin, pour l’instant il s’agit surtout de reprendre la gestion des réseaux des 22 communes qui n’avaient pas toutes la même façon de fonctionner. Par exemple, certaines avaient choisi de s’en occuper directement via une régie publique (Tours, St Avertin…) alors que d’autres avaient opté pour le privé (Joué, Chambray…). A terme, dans plusieurs années, il faudra sans doute faire un seul choix pour tout le monde : public ou privé. On n’y est pas encore mais du côté des citoyens qui suivent le dossier de près, on a déjà entamé le lobbying…

Un grand service de l’eau métropolitain ?

Depuis un bon moment, à Joué-lès-Tours, un collectif se mobilise régulièrement pour réclamer le retour d’une gestion de l’eau potable en régie publique. Raté : sous Frédéric Augis le contrat avec Véolia a été renouvelé. Ce lundi soir, la métropole a aussi choisi de prolonger la délégation de service public de Véolia pour Chambray… De mauvais signaux pour l’association Eau Touraine engagée à Joué et qui s’est rassemblée à l’entrée de la salle avant le début de la réunion. « L’eau est un bien commun et il nous appartient de prendre cette compétence avec cet état d’esprit. Une gestion publique permet de sortir de la main des financiers » lit-on dans une lettre ouverte distribuée sur place.

Ce n’est pas tout… Selon les bénévoles militants, le choix chambraisien était un peu biaisé car le cabinet IRH chargé de mener l’étude sur la gestion de l’eau de la commune aurait tendance à plaider systématiquement pour le choix d’une délégation de service public, donc d’une entreprise privée à qui l’on confie la distribution de l’eau aux habitants. Ça a d’ailleurs été le cas pour la ville de Christian Gatard.

5 associations citoyennes pour débattre avec les élus

Mais Eau Touraine ne désarme pas et envisage de continuer à plaider partout où elle pourra pour la création d’un grand service de l’eau métropolitain à Tours et dans son agglomération. Elle a indirectement gagné une première bataille lundi soir… Une délibération portait sur la création d’un organe métropolitain chargé de superviser la politique de l’eau. Une instance prévue pour rassembler 14 élus et 3 associations (La Confédération Nationale du Logement, l’UFC Que Choisir et la CLCV). Mais la gauche espérait plus et demandait la création de deux sièges en plus pour des citoyens, dont un pour Eau Touraine.

Le débat a été tendu, le président Philippe Briand n’était pas vraiment motivé par l’idée… Les autres élus majoritairement de la droite et du centre s’apprêtaient tous à voter contre l’amendement… Et finalement, au dernier moment, le président a changé d’avis et toute l’Assemblée avec lui. Eau Touraine devrait donc pouvoir participer aux discussions au plus près des élus. De là à les convaincre, c’est une autre histoire.

Olivier Collet