Tours

Stationnement : Tours va chasser les véhicules mal garés

Les agents chargés de verbaliser les mauvais payeurs guetteront aussi les voitures gênantes.

Le 1er janvier 2018, une petite révolution se prépare dans les rues du centre-ville de Tours… Suite au vote d’une loi nationale, la municipalité doit modifier sa politique sur le stationnement payant. L’amende de 17€ actuellement dressée en cas de non paiement du parcmètre ou de dépassement de la limite de stationnement de 2h sera supprimée et remplacée par un Forfait Post Stationnement (FPS) de 25€, ou 20€ si le paiement se fait sous 48h.

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La législation prévoit que le montant de ce FPS ne peut pas être supérieur au coût maximum du parking autorisé en ville… Du coup, la mairie a trouvé une astuce : après 2h sur une place, le coût du parcmètre augmente très fortement pour devenir dissuasif. Dans l’hypercentre, il passe ainsi de 3€80 pour 2h à 7€ pour 2h15 puis 15€ pour 2h30, 20€ les 2h45 et enfin 25€ les 3h. Objectif : encourager à ne pas rester trop longtemps au même endroit pour que tout le monde trouve de la place. Et si vous voulez prolonger votre visite en ville, il suffit d’aller dans les parkings souterrains (Anatole France, Jean Jaurès, Champ Girault…) : « ils sont moins chers, par exemple 5€20 les 3h » note l’adjoint au maire en charge de la circulation, Yves Massot.

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Ce n’est pas tout… Dès le mois de janvier, ce ne seront plus des agents de la ville de Tours qui seront chargés de vérifier que vous avez bien payé votre parcmètre mais des salariés d’une société privée basée en Saône-et-Loire : SAGS. Une quinzaine de personnes et deux encadrants ont été recrutés et ils prendront leurs fonctions dès le mardi 2 janvier. Vous ne pourrez pas les rater : ils auront un uniforme bleu-marine. Leur rôle : tourner dans le centre-ville le matin (9h-12h) et l’après-midi (14h-18h30), et glisser des petits papiers aux contrevenantes et contrevenants : « on veut essayer d’améliorer le taux de paiement qui est scandaleux. Aujourd’hui seuls 30% des personnes qui se garent à Tours paient » s’agace Yves Massot.

En plus de la sanction infligée aux mauvais payeurs, les employé(e)s de SAGS auront une autre mission : signaler les véhicules gênants ou très gênants. Ils seraient très nombreux, Yves Massot allant jusqu’à parler de « fléau ». Soyons clairs : les salarié(e)s ne pourront pas les verbaliser mais seront aptes à prévenir la police municipale, qui pourra ensuite se déplacer. Cette fois, il s’agira bien d’un PV a la note salée : 135€. A noter que la mairie n’a pas été en mesure de nous indiquer combien d’amendes pour stationnement très gênant sont dressées chaque année à Tours. On sait juste que 1 500 véhicules sont emmenés à la fourrière en 12 mois.

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A noter : l’argent des amendes va à l’État qui en reverse une partie à la ville de Tours (2,3 millions d’euros l’an dernier). Les sommes récoltées via les FPS iront elles à Tours Métropole, déduction faite des frais de fonctionnement du système pour la mairie de Tours (qui versera 767 000€ à la SAGS par an). Ces budgets doivent ensuite obligatoirement être réutilisés pour des travaux de voirie ou pour favoriser les déplacements doux (vélo, marche…).

Dernier point : face à la grogne de nombreux automobilistes et de pas mal de commerçants, la ville de Tours a ouvert des discussions avec l’association des Vitrines de Tours afin que les boutiques puissent proposer des réductions sur le parking à leur clientèle. Youpi ?

Olivier Collet