Tours

La gare routière transférée à Tours Nord : une bonne idée ?

Le projet pose question.

La gare routière « longues distances » de Tours est actuellement située Rue Édouard Vaillant, sur le parking des Peupliers. C’est à moins de 15 minutes à pied de la gare mais ça ne suffit pas… L’endroit semble particulièrement critiqué par les voyageurs et les élus… La preuve ? Une note de 2,6/10 suite à une enquête de la compagnie Flixbus qui classe notre gare routière 114ème de France… sur 116. Son principal problème : elle est rudimentaire. Pas de toilettes, pas de services (bar, vente de journaux, consigne) et un tout petit abribus pour se protéger des caprices de la météo. Alors que le trafic des cars est en expansion depuis le vote de la loi Macron, ça fait carrément désordre…

Les bus déroutés à Vaucanson ?

Depuis plusieurs mois, on entend donc régulièrement dire que des solutions sont à l’étude pour faire mieux. Peut-être même dès début 2018. Des propos lâchés dans la presse, mais pour l’instant aucun débat concret au conseil municipal, métropolitain ou départemental.

Une piste semble tout de même se dégager : un transfert de cette gare routière à Tours Nord, vers le terminus du tram à Vaucanson. Argument en faveur de cette solution : cela permettrait de diminuer le trafic (et la pollution) en centre-ville en déroutant les bus. Ces derniers quittent aujourd’hui l’autoroute à Tours Centre, remontent le Boulevard Heurteuloup jusqu’à la gare, prennent la Rue Édouard Vaillant jusqu’aux Peupliers puis font le chemin inverse. Le tout dans une zone déjà bien encombrée de voitures et de bus Fil Bleu. Alors qu’au Nord, ils seraient aussi proches d’une sortie de l’A10 et auraient plus de facilités à rejoindre un parking de transit via les grands axes.

Une future gare trop éloignée du centre-ville ?

Sauf que pour installer une gare routière à Vaucanson, il faut un terrain… La zone est déjà bien dense, d’autant plus avec la construction du futur multiplexe. Il faudra ensuite financer les travaux, et sans doute investir plusieurs millions d’euros. Qui financera ? Pour l’instant c’est la ville qui possède le terrain des Peupliers, mais c’est la métropole qui s’occupe des transports. Il sera aussi intéressant de calculer l’impact de cette gare routière : combien de passagers par an aujourd’hui… et demain ? Mais aussi qui sont ces passagers : essentiellement des Tourangeaux ou des touristes ? Des réponses obtenues pourra dépendre l’ampleur du projet.

Le problème c’est que pour l’instant on a encore peu de recul sur le réel impact des cars Macron et sur leur possible développement. Avec une politique de prix cassés pour les sièges, la rentabilité n’est pas simple à obtenir…

Autre chose : éloigner cette gare routière du centre-ville peut être pénalisant… Ainsi, certains bus arrivent très tard le soir ou partent très tôt le matin, quand ils ne s’arrêtent pas au beau milieu de la nuit. Sauf que le tram, lui, il ne circule pas entre minuit et 5h. Vu qu’on imagine mal les clients de bus low cost prendre un taxi qui coûte plus cher que leur billet pour aller à Bordeaux, on se dit que certains risquent de galérer un peu en cherchant une solution pour embarquer ou rentrer chez eux.

Peut-être faudrait-il aussi réfléchir à un aménagement de la gare actuelle des Peupliers ? Plusieurs cellules commerçantes sont libres dans le secteur. Mais il est vrai que le trafic actuel, et l’hypothèse d’une ligne de tram à long terme Rue Édouard Vaillant, rendent ce chantier épineux. Ajoutons à cela, plus au sud, le pont SNCF très bas et accidentogène, et voilà un argument de plus pour le déménagement.

Une pensée aussi pour le covoiturage…

Dernier point : au lieu de se concentrer sur le problème des cars, peut-être pourrait-on y ajouter la question du covoiturage ? Actuellement, les conducteurs se garent souvent à l’arrache autour de la gare SNCF, créant ponctuellement des difficultés de circulation (le dimanche après-midi, par exemple). Aménager un espace dédié ne serait peut-être pas une mauvaise idée, pourquoi pas dans une gare routière élargie à Tours Nord ou… aux Peupliers.

Ce qui est sûr, c’est que le sujet est important car on parle là de portes d’entrée de l’agglomération tourangelle. Quand on débarque d’un bus, d’un train ou d’une voiture, la première impression est toujours hyper importante. On juge le cadre visuel et le côté pratique. Et en cas de déception, cela peut être rédhibitoire. Il faut donc à la fois bien analyser les besoins, ne pas se planter sur les solutions et agir vite. C’est-à-dire tenter de boucler un projet dans les 2 à 3 ans, sous peine de prendre un retard problématique.

Olivier Collet