Tours

A Tours, écoliers et lycéens mobilisés contre le harcèlement scolaire

Le message : ne rien laisser passer, tout de suite en parler.

Lors de l’année scolaire 2016-2017, 67 dossiers concernant des cas de harcèlement scolaire sont arrivés sur le bureau d‘Hélène Gervais, en charge de cette question spécifique au sein de l’Inspection d’Académie d’Indre-et-Loire… « Il y en a à peu près autant à l’école qu’au collège, un peu moins au lycée » indique-t-elle. Mais ce qu’elle précise surtout, c’est que 95% des cas de harcèlement entre élèves se règlent directement auprès des établissements, le chiffre réel est donc bien plus élevé, mais pas quantifié.

Depuis 2011, l’État fait clairement la différence entre le harcèlement et la violence. Par exemple, les insultes répétées envers un enfant ne sont pas comptabilisées de la même manière que les bagarres dans la cour. Pourquoi c’est important ? Parce que cela permet de mieux prendre en compte la problématique des moqueries ou insultes à répétition subies par certains enfants, dixit Hélène Gervais. Signe que le sujet est pris au sérieux, une journée nationale de sensibilisation est aussi organisée par l’Éducation Nationale depuis 3 ans en novembre… et en Touraine un poste spécifique a été créé afin d’aller former les enseignants dans leurs établissements.

Le 30 20, un numéro national pour les victimes

Que les adultes prennent conscience des enjeux liés au harcèlement, c’est bien. Que les enfants s’emparent du sujet, c’est encore mieux. Dans le quartier des Fontaines de Tours, deux classes de CM1-CM2 de l’école Giraudoux ont ainsi passé 2 jours et demi à faire des ateliers sur ce thème avec leurs enseignantes, Elise Lepage et Soizic Forcade. Le résultat : ils ont repris une chanson de Keen V (Petite Emilie) et mis en scène une saynète de théâtre sur le thème du harcèlement. Un travail présenté en public dans une salle de classe remplie de messages de prévention et d’affiches incitant à appeler le 30 20, le numéro national dédié aux victimes.

« On les a sentis investis et motivés » expliquent les deux maîtresses à l’issue de la représentation : « ils avaient envie et besoin d’en parler. » Sans oublier que le personnel des écoles a aussi un rôle dans le signalement des situations problématiques : « on veille en permanence et leur dit de toujours venir nous voir s’il se passe quelque chose. On fait en sorte qu’ils aient confiance en nous. » « On ne devrait pas aller à l’école pour souffrir » insiste pour sa part Hélène Gervais.

8 cas de harcèlement entre ados sur Internet l’an dernier en Indre-et-Loire

Le harcèlement entre enfants peut prendre différentes formes… Spontanément on pense aux insultes et moqueries à l’école, au collège ou au lycée… Mais il y a aussi le harcèlement en ligne, à partir de 13-14 ans. 8 cas ont été recensés sur la dernière année scolaire en Touraine, « c’est d’autant plus grave que le harcèlement se prolonge le soir, la nuit, le week-end » s’alarme Hélène Gervais. Dans les cas les plus difficiles, les enfants sont changés d’établissement, « mais c’est une décision que l’on prend en dernier recours car ce n’est pas facile pour les élèves. Dans ce cas, on prévient la nouvelle équipe d’encadrants pour qu’ils soient bien accueillis et en général la situation s’améliore. » 13 décisions de ce type ont été prises l’an dernier.

Au lycée Choiseul de Tours Nord on s’est aussi mobilisé ce jeudi pour cette journée nationale contre le harcèlement scolaire. « Depuis 2 ans maintenant nous avons un groupe d'ambassadrices » nous explique la CPE Aurélie Tudasne. « Elles étaient 12 au départ, ont été quatorze l'an dernier et sont quasiment 40 cette année, dont 4 garçons. » Mobilisées aussi bien au lycée que dans les collèges, elles sont notamment intervenues dans les classe de seconde et de 5ème. « Elles ont menés des actions conjointes avec les enseignants lors d'une journée de lutte contre les discriminations, ont tenu un stand aux portes ouvertes, tiennent une page Facebook qu'elles alimentent régulièrement, et ont participé au prix "Mobilisons nous contre le harcèlement" dans le cadre d'un projet de classe. »

Ci-dessous, une photo de l'action menée dans la cour de l'établissement... #NAH, pour Non Au Harcèlement.