Tours

Mairie de Tours : pourquoi Xavier Dateu s'entête

L'adjoint aux sports maintient sa candidature pour devenir maire et affiche au grand jour le malaise de la majorité.

Une élection serrée ça laisse toujours des traces. Celle-ci risque d'être indélébile, de coller à la peau de la majorité LR-UDI de la mairie de Tours jusqu'aux prochaines élections municipales. Suite au départ de Serge Babary pour le Sénat, une primaire a été organisée au sein du groupe de 42 élus pour trouver un successeur au maire élu en 2014. Les urnes n'ont pas réussi à en départager un à cause de deux égalités successives et finalement Christophe Bouchet a été désigné au bénéfice de l'âge jeudi 12, au détriment de Xavier Dateu.

Ce mardi soir à 18h, le conseil municipal se réunit en session extraordinaire pour valider le choix du nouveau maire. Ce devait être une formalité pour l'adjoint au tourisme. Mais Xavier Dateu n'a pas dit son dernier mot : il sera candidat face à Christophe Bouchet. Un choix qui fait éclater au grand jour les divisions d'une équipe qui a de plus en plus de mal à accorder ses violons...

"Je me suis astreint au silence pendant la campagne mais de l'intérieur elle n'a pas été tranquille" souligne aujourd'hui le candidat déchu qui parle d'une "candidature d'opportunité" au sujet de Christophe Bouchet, ce qui pose déjà les bases de l'ambiance. Il affirme que ses promesses pour la moitié de mandat qui reste sont "incompréhensibles, elles nécessitent des financements que nous n'avons pas alors que le budget s'annonce plus compliqué que l'an dernier. Je ne peux pas me contenter d'entendre dire 'on trouvera' les financements quand on évoque la possibilité de faire augmenter le budget de la voirie de 1,6 à 4 millions d'euros."

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Mais ce n'est pas la seule raison. Le gros problème, c'est le remaniement envisagé par Christrophe Bouchet : exit de leurs postes Céline Ballesteros (commerce), Jacques Chevtchenko (1er adjoint) ou Olivier Lebreton (sécurité) : "les évincer de cette manière ne se fait pas. Ce sont des élus qui ont pris des risques et ont été d'une loyauté totale" enchaîne Xavier Dateu qui perdrait lui-même son statut d'adjoint dans la nouvelle équipe de son adversaire.

Avant de dévoiler ses états d'âme en public via la presse, Xavier Dateu a tenté une médiation avec son collègue élu (tous deux sont centristes). Ils se sont rencontrés ce dimanche : "je suis arrivé au constat que la liste présentée ne pouvait pas bouger." D'où le maintien de sa candidature pour "avoir un débat, il faut que les collègues aient tous les éléments de choix." "Je ne sais pas si c'est la bonne solution" admet celui qui est aussi conseiller départemental et qui a objectivement peu de chances d'être élu, l'ancien maire devenu sénateur Serge Babary ayant en plus publiquement dénoncé sa manoeuvre en appelant à soutenir Christophe Bouchet.

"Je vais jusqu'au bout la tête haute"

Néanmoins, Xavier Dateu s'obstine, se défendant de jouer à un jeu dangereux : "ceux qui me connaissent savent que l'on ne joue pas avec la ville de Tours. A un moment, il faut prendre ses responsabilités. J'assume tout jusqu'au bout même si je finis tout seul." Il souligne que la plupart de ses soutiens comprennent son choix. Mais combien le suivront ce mardi ? 2 ? 5 ? Plus ? C'est là que l'on aura vraiment une idée de l'ampleur de la fracture "mais ça a toujours été compliqué" rappelle le candidat qui refuse d'endosser le rôle de celui qui casse l'unité.

Qu'espère-t-il de tout cela ? "Que les Tourangeaux retiendront l'image de quelqu'un qui va jusqu'au bout de son processus et garde la tête haute. Ma décision est irrévocable" assène-t-il en indiquant que même sèchement battu il n'est pas question qu'il démissionne. "Droit et libre"', Xavier Dateu tente le tout pour le tout au risque aussi de se marginaliser pour longtemps. C'est un grand saut dans le vide, une initiative personnelle qui ne se veut pas revencharde mais qui , quelle que soit son issue, laissera de grosses séquelles.