Tours

Les 3 ombres du président Macron au conseil municipal de Tours

Un nouveau groupe s’est créé dans l’opposition : Les Démocrates.

On l’a souligné au moment du dernier conseil municipal de Tours le 18 septembre : il y a du mouvement dans l’opposition. Exit le groupe Tours 2020 (PS-UDE), celui des Verts et celui des communistes… Place désormais au groupe Tours à Gauche (PS-PC-EELV) et aux Démocrates (La République En Marche-UDE)*.

Cette recomposition est la suite logique du bouleversement politique national entraîné par l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République en mai dernier. 3 élus tourangeaux l’ont ostensiblement soutenu : David Chollet (ex-EELV), Pierre Commandeur (toujours UDE mais adhérent En Marche) et Nicolas Gautreau (ex-PS).

Des divergences claires avec la majorité

Séparés de leurs anciens camarades qui s’opposent à la politique du président, ils ont donc entrepris de créer leur propre groupe dans l’assemblée municipale « pour s’inscrire dans la démarche du chef de l’État, profiter localement de cette refondation politique qui est annoncée et de ce qui y est associé comme le grand plan national d’investissements de 56 milliards dont 20% doivent aller aux collectivités locales » explique David Chollet.

L’ambition des Démocrates tourangeaux est de « positionner Tours comme une ville qui profite des opportunités ». Pour cela, ils comptent faire des « propositions constructives » à la majorité LR-UDI en place… pour peu qu’elle accepte de les écouter. L’actuel maire Serge Babary étant appelé à démissionner suite à son élection au Sénat, ils espèrent que son remplaçant donnera un nouvel élan : « on aimerait des débats plus constructifs et apaisés. On peut peut-être s’entendre sur des projets » notent les trois hommes qui ne regretteront pas « les colères » de Serge Babary. « A chaque fois que l’on posait des questions il prenait cela pour une attaque. »

Pierre Commandeur, David Chollet et Nicolas Gautreau rappellent aussi qu’ils ont des divergences fortes avec la politique de l’équipe en place depuis mars 2014 « sur le soutien aux associations, l’urbanisme ou le développement économique. Sur l’emploi, on n’a pas vu grand-chose venir à part la reconversion de l’imprimerie Mame en pépinière d’entreprise et sur l’urbanisme on ne voit pas trop où ils veulent aller. »

Pas de candidat pour l'élection du nouveau maire

« D’un côté ils veulent limiter les constructions, de l’autre ils annoncent la densification de la Tranchée. Je ne comprends pas » s’interroge Nicolas Gautreau. « Ils manquent de projections. On ne voit pas de réflexions autour des quartiers plutôt des bouts de projets » déplore Pierre Commandeur inquiet par exemple de ce que la municipalité envisage pour la zone du Menneton, « coincée entre le Cher, une 4 voies et la voie ferrée. »

Autres points de vigilance : l’avenir de la cuisine centrale, la deuxième ligne de tram (« il faut que la ville prenne position sur le trajet ce qu’elle n’a pas fait ») ou l’écologie. « On avance peu, notamment sur la refonte du réseau de chaleur à l’ouest de la ville ou la rénovation du bâtiment comme les écoles. On n'a même pas consommé l’enveloppe régionale de 2 millions d’euros allouée pour isoler des bâtiments » regrette David Chollet.

Alors que les conseillers municipaux devront élire un nouveau maire dans moins de deux semaines, Les Démocrates ne présenteront pas de candidat et n'ont pas de favori parmi les prétendants annoncés (Christophe Bouchet, Xavier Dateu et Thibault Coulon). Ils affirment aussi qu’il est encore « trop tôt » pour penser à la composition d’une liste pour les futures municipales de 2020 (ou 2021 si elles sont reportées). Enfin, ils se disent prêts à accueillir dans les rangs des élus de la majorité qui se sentiraient proches d’En Marche et éloignés du futur maire. Apparemment, certains se poseraient sérieusement des questions…

Olivier Collet

*Le groupe FN reste lui inchangé et une élue est actuellement indépendante : Caroline Deforge (qui a néanmoins sa carte à l’UDE).