Tours

Tournée à Tours, « Les Grands » atteint des sommets

La série revient le 12 octobre sur la chaîne OCS.

On les avait laissés au collège, à la fin de leur année de 3ème. On les retrouve au lycée, et dans des décors toujours familiers aux Tourangeaux. Après le tournage d’une première saison au lycée Grandmont, « Les Grands » et ses jeunes héros reviennent cet automne pour une saison 2 dont les scènes se déroulent notamment à la fac des Deux-Lions (mais pas que).

Il y a quelques jours, une partie de l’équipe de la série était de retour à Tours pour une masterclass avec des élèves de Grandmont et surtout pour présenter le début de la saison 2 en avant-première sur le lieu du tournage, à l’Université de Droit. L’occasion pour Théophile Baquet (Hugo), Grégoire Montana (Boogie) et Sami Outalbali (Ilyes) de raconter leurs éxpériences en compagnie du scénariste Joris Morio et du producteur Raphaël Rocher.

Une série drôle, addictive et avec un scénario de grande qualité

Récompensée au festival de La Rochelle, remarquée par la critique, soutenue financièrement par Ciclic en Centre-Val de Loire, « Les Grands » réussit à faire ce que peu de créations françaises parviennent à accomplir, à savoir la diffusion d’une deuxième saison un an après la première. Le tout en gardant toutes ses qualités comiques voire en augmentant encore son potentiel dramatique. Et c'est notamment grâce à la grande complicité qui unit les aceurs et l'équipe qui les entoure.

Bande annonce de la saison 1

A l’écran, on suit Hugo, Ilyes et Boogie mais aussi leurs copines, Avril ou MJ. Entre histoires de couples, de cours, d’amitiés et de familles, on a de quoi faire niveau intrigue. Et si la dramaturgie se mettait progressivement en place au fil des 10 brillants épisodes de la saison 1 (voir ci-dessus), elle prend de plus en plus d’ampleur dès les premières minutes de la saison 2. Le rythme déjà soutenu s’accélère et les épisodes d’une vingtaine de minutes passent bien plus vite que les cours de physique-chimie.

Les acteurs ont aimé replonger dans leur vie d'ado

Addictive, comique et mignonne, « Les Grands » est à la fois une série pour ados, jeunes adultes et parents. Imaginée dans les années 2010, elle est subtilement intemporelle grâce à l’ingéniosité des scénaristes qui ont concentré l’histoire sur les relations humaines. Ainsi, les portables ne sont pas omniprésents et ça ne manque pas. « Les problématiques sont éternelles, à la hauteur des ados d’aujourd’hui. Mais c’est aussi celles que l’on avait à notre époque. Tout ça fait qu'il y a un truc qui se passe à l'écran » pointe le producteur Raphaël Rocher.

« On peut avoir des moments de poésie suivis par une grosse potacherie, quelque chose de bête et méchant. Des sentiments intenses et des moments délurés. Une comédie sensible. Notre obsession c’était la justesse. comment parler de manière jeune mais intemporelle. » se souvient Joris Morio qui a travaillé avec Vianney Lebasque. Bilan : quasiment pas de verlan dans les dialogues. « On n'est pas dans la moquerie mais dans l'autodérision. Finalement les jeunes d'aujourd'hui ont les mêmes problématiques que leurs parents. La question c'est comment ils vont devenir adultes, libres » ajoute l'acteur Grégoire Montana. De quoi aider les parents à comprendre leurs ados. Et les ados à se comprendre eux-mêmes.

Des blagues potaches et des débats de société

Côté scénario, « cette année, il a plus de suspense et d’enjeux, on a parfois peur pour les personnages » résume en quelques mots Grégoire Montana. « Alors qu’ils étaient les plus grands du collège, ils deviennent les plus petits du lycée. Le monde est plus dur avec eux. Dans les premiers épisodes on assistait à la naissance d’un groupe réfugié sur le toit du collège, là les amis sont tous éclatés dans des classes. On va donc voir comment la bande va rester soudée. Ils vont vivre des choses intenses et profiter de leur liberté puisqu’ils pourront sortir du lycée. » détaille Joris Morio.

L'équipe de la série et celle de Ciclic

Des sensations que les acteurs ont aimé revivre lors des 5 semaines de tournage au printemps dernier : « ça fait bizarre mais ça fait du bien. Je suis content de pouvoir jouer ce que j'ai subi au collège-lycée, ce qu'il y avait de drôle ou de ridicule là-dedans. Je me vois avec plus de recul car même si c'est un personnage, il y a toujours un peu de moi-même dedans » se réjouit Grégoire Montana. « On est dans les sentiments vrais et c'est ça qui fait que ça marche » enchaîne Joris Morio.

Petit budget mais grande reconnaissance

Ce qui est intéressant avec « Les Grands », c’est qu’elle aborde frontalement mais avec tact des sujets parfois épineux : la tolérance entre adolescents, le rejet de l’autre, l’homosexualité, la violence, le sexe... Pour Boogie par exemple, « il apprend à grandir en fanfaronnant et va un peu mûrir sans perdre sa personnalité. Il sera parfois proche du précipice mais reviendra toujours à sa fantaisie » analyse Grégoire Montana. Émancipation aussi du côté des personnages féminins : « alors qu’au début Avril (Pauline Serieys) copiait beaucoup MJ (Adèle Wismes), elle va s’affirmer en tant que femme, sentir les regards des hommes plus âgés sur elle et s’émanciper » annonce Joris Morio, en laissant un peu de place pour le suspense.

« Dans cette saison, les personnages ont tous des problèmes dans leur coin mais finissent toujours par se retrouver d’une manière ou d’une autre » enchaîne Raphaël Rocher qui évoque une histoire conçue comme une trilogie, une troisième saison devrait donc voir le jour mais vraisemblablement plus tard car son écriture n’a pas encore débuté : « nous sommes des artisans par rapport aux séries américaines. Avec 4 millions de dollars, on tourne un épisode de « Game Of Thrones » aux USA, une saison de « Braquo » en France. Et nous, avec 2-3 fois moins on fait une saison de dix épisodes. Du coup cela mobilise une équipe entière non stop et ça demande beaucoup de sacrifices. »

Les acteurs de la série par Frédérique Breuil (Ciclic)

Pour être efficace, « Les Grands » est donc tournée avec un rythme soutenu : jusqu’à 9 minutes par jour, ce qui se ressent à l’écran où il n’y a presque aucun temps mort et aussi « pas mal d’impro » confie l’équipe. Comme dans la vie d’un ado, en fait.

 Olivier Collet

« Les Grands », saison 2, à partir du jeudi 12 octobre sur OCS. Si vous avez raté la saison 1, la chaîne a prévu de la remettre en ligne.