Tours

A Tours, l’opposition municipale se réorganise

Deux nouveaux groupes viennent d’être créés : un à gauche, l’autre proche d’En Marche.

En ce moment, les regards des observateurs politiques tourangeaux sont tournés vers les élections sénatoriales qui devraient entraîner la démission du maire de Tours Serge Babary, si il est élu à la Haute Assemblée ce dimanche 24 septembre. Par riccochet, et même si ce n’est pas la seule raison, cet événement entraîne du changement dans l’opposition du conseil municipal de la ville...

Auparavant, elle était organisée ainsi : un groupe PS-UDE, un groupe écologiste, un groupe communiste et un groupe Front National (+ une élue indépendante, Caroline Deforges). Pas de changement du côté des frontistes en revanche ça bouge ailleurs...

Chapitre 1 : Ce lundi, la création d’un groupe Tours à Gauche a été validée. Il comprend 7 élus : Cécile Jonathan, Samira Oublal, Nadia Hamoudi et Monique Maupuy (issues du PS), Pierre Texier et Josette Blanchet (PCF) et Emmanuel Denis (EELV).

Cette union, en réflexion depuis le mois de juin, vise notamment à organiser la riposte suite au départ annoncé de Serge Babary : « les Tourangeaux sont oubliés dans cette histoire. Il avait promis d’être 100% maire mais il fait à peine la moitié de son mandat et s’exonère de la suite. Ce n’est pas correct » dénonce ainsi Cécile Jonathan. « En face de nous il y a Tours à droite, et une droite de plus en plus large » pointe pour sa part Pierre Texier. « C’est Dallas à la mairie » raille même Nadia Hamoudi.

A écouter les élus, ce rassemblement est aussi motivé par le pragmatisme : « nos positions étaient souvent convergentes » pointe Emmanuel Denis : « on a envie de s’ouvrir, de construire avec les Tourangeaux » poursuit-il. « L’objectif est de leur donner des repères dans ce contexte où les guerres d’appareils priment » ajoute Josette Blanchet.

Faut-il y voir les prémices d’une liste d’union pour les futures municipales, d’ici 3 ans ? « On veut préparer sérieusement une tentative qui pourrait aboutir » souligne Cécile Jonathan. « On veut marquer notre volonté de construire » complète Pierre Texier. Ce sera tout. Pour le reste, « il est trop tôt » disent-ils tous. « Si on veut travailler à une alternance, il faudra discuter avec tous les acteurs locaux » estime néanmoins Emmanuel Denis (en pensant à la France Insoumise). En attendant, Tours à Gauche prévoit de lancer une campagne de communication pour dénoncer la fuite de Serge Babary avant d’organiser des réunions publiques sur les grands débats locaux comme l’avenir de la cuisine centrale (une projection-débat est prévue le 14 novembre).

Chapitre 2 : La création du groupe Tours à gauche signifie l’éclatement du groupe Tours 2020 et la division du groupe écologiste. Néanmoins, leurs membres isolés ont un point commun : ils sont sympathisants ou membres du président de la Répiublique et donc d’En Marche. Pierre Commandeur, Nicolas Gautreau et David Chollet vont donc former leur propre groupe : Les Démocrates. Ils pourraient accueillir dans leurs rangs Caroline Deforges, mais celle-ci se donne le temps de la réflexion et de l’observation.

Olivier Collet