Tours

Stationnement à Tours : des amendes à 25€ dès le 1er janvier

Et elles seront dressées par des agents privés.

Attention sujet explosif ! Lundi soir, on va parler parking au conseil municipal de Tours… Dès le 1er janvier 2018, la mairie va changer les règles du stationnement payant dans les rues du centre-ville. Ce n’est pas une grosse révolution mais le projet contient quelques décisions symboliques, dont certaines qui risquent clairement de faire polémique… Sans plus attendre, on vous explique tout…

Pourquoi changer maintenant ?

Le 1er janvier 2018 est une date symbolique. Le passage à la nouvelle année entraînera la fin de la pénalisation du stationnement. En clair : aujourd’hui, si vous ne payez pas le parcmètre et que vous vous faites prendre vous devez régler une amende à l’État, en l’occurrence un forfait de 17€. Les communes récupèrent ensuite une partie de cette somme (à Tours, 2,5 millions d’€ en 2016).

En 2018, la loi change et elle donne les pleins pouvoirs aux mairies en terme de stationnement. C’est elles qui décideront du montant de l’amende et c’est elles qui récupèreront tout l’argent payé par les contrevenants. Il y a tout de même une règle : le montant de l’amende ne peut pas dépasser celui demandé pour la durée maximum de stationnement.

Du coup, ça va coûter combien ?

A partir du 1er janvier, ne pas payer le parcmètre ou ne pas mettre assez de sous va être plus risqué. Si vous prenez une amende, elle ne sera plus de 17€ mais de 25€, soit une hausse de plus de 45%. Petite ristourne : si vous payez votre prune dans les 48h, son montant sera ramené à 20€.

A noter : le périmètre du stationnement payant ne change pas. En gros : le centre-ville, l’Avenue de Grammont et celle de la Tranchée. Les horaires restent aussi inchangés : il vous faudra un ticket si vous occupez une place de 9h à 12h et de 14h à 18h30 du lundi au samedi. « On s’est posé la question de faire payer entre midi et deux mais finalement nous avons abandonné l’idée » expliquait ce vendredi l’adjoint au maire en charge du sujet, Yves Massot. La municipalité conserve aussi plusieurs tarifs spécifiques pour les résidents, les artisans ou les professionnels de santé.

Qui va se charger de contrôler les voitures ?

Actuellement, Tours emploie une dizaine d’agents chargés de vérifier si les conducteurs ont bien payé leur parcmètre. A en croire la ville il y a du boulot : 70% des automobilistes se passent de ticket ou restent plus longtemps que prévu. Du coup, elle change ses plans. Ainsi, dès le 1er janvier, ces ASVP auront d’autres missions (propreté, protection de chantiers…) et une société privée se chargera de faire la chasse aux mauvais payeurs à leur place, un peu comme celles qui vont bientôt gérer les radars embarqués sur les routes (et ça, ça risque de faire beaucoup parler…).

On ne sait pas encore qui se chargera de cette mission. Un appel d’offre est en cours pour sélectionner une entreprise. Ses agents patrouilleront ensuite le matin et l’après-midi et ils dresseront les PV. « On va leur demander un contrôle renforcé » insiste Yves Massot. Chaque année, la ville versera une redevance à cette société pour payer les salariés et gérer les charges (son montant est inconnu). Et en plus, une « prime d’intéressement » est en cours de négociation.

En clair, l’entreprise aura des objectifs. Mais pas forcement celui de mettre plein d’amendes : « ce qu’on veut c’est que tout le monde paye dès le début » jure Yves Massot. Pour cela, les 243 horodateurs de la ville sont en train d’être modernisés. 150 d’entre eux acceptent déjà la carte bleue et le paiement sans contact. Une application mobile baptisée Whoosh a aussi été lancée pour payer via son smartphone (ça fait un moment qu’elle est en service à Tours mais impossible de savoir combien de personnes l’utilisent vraiment, ce qui est bien dommage…).

Actuellement, les horodateurs rapportent 3,6 millions d’euros par an à la ville de Tours + 2,5 millions d’euros d’amendes en 2016, soit plus de 6 millions. Et demain ?

Olivier Collet