Tours

A 81 ans, Lee Ufan plonge le CCCOD de Tours dans l’obscurité

L’artiste coréen installé au Japon a métamorphosé le rez-de-chaussée du bâtiment.

La Galerie Noire du Centre de Création Contemporaine Olivier Debré de Tours n’a jamais aussi bien porté son nom alors même qu'elle n'a que quatre mois d'existence. Depuis le 8 juillet, elle est plongée dans une obscurité presque totale pour une nouvelle exposition : « Pressentiment », par Lee Ufan, un artiste internationalement connu de 81 ans qui a exploité au maximum la noirceur des murs originelle de ce grand plateau d’exposition.

Après avoir accueilli une sélection d’artistes norvégiens aux productions très modernes voire complexes, le CCCOD change cette fois radicalement de style en faisant venir un grand nom de l’art asiatique, d’origine coréenne, aujourd’hui installé au Japon, mais qui travaille aussi souvent en France. Sur le CV de Lee Ufan, on trouve notamment une participation à la Biennale d’Art Contemporain de Venise en 2007 (qui, pour info, expose cette année le créateur du Monstre de Tours Xavier Veilhan), une présentation à New-York ou encore une exposition au Château de Versailles en 2014. Un poids-lourd qui a eu « carte blanche » dans la Galerie Noire tourangelle qu’il a réaménagée à son aise pour présenter ses œuvres, dont beaucoup inédites. C’est sa première exposition dans l’hexagone depuis 12 ans.

Au rez-de-chaussée du CCCOD, Lee Ufan a ainsi constitué un parcours de gravillons plongé dans une pénombre déstabilisante mais apaisante. Le temps de s’habituer à la lumière tamisée, on entre dans une première pièce toute aussi sombre dans laquelle ne se trouve qu’un simple tableau avec un dégradé de gris en son centre. Ce procédé de peinture, habituel pour l’artiste, se réalise sur plusieurs jours via différentes couches afin de créer cette évolution de couleurs.

En plus de la peinture, Lee Ufan présente différentes installations avec des pierres qu’il a lui-même sélectionnées dans une carrière des Deux-Sèvres. Dans l’une des salles, il leur a par exemple créé des ombres fictives. Dans une autre, un rocher central accompagne une toile parfaitement blanche. Son idée : « inviter à la rencontre et à la méditation ». A ce titre, la salle la plus remarquable est celle dans laquelle une arche a été installée au centre de la pièce. Dans un noir presque complet, les formes sont difficiles à déterminer, on risque même de tomber à l’eau si l’on s’égare. Il y a 3 ans, l’artiste avait également construit une arche, mais c’était en taille XXL face au Château de Versailles.

Olivier COLLET

Exposition de Lee Ufan à Tours jusqu’au 12 novembre au CCCOD. Cet été, le site est ouvert du lundi au dimanche. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h.