Tours

A 18 ans, il anime les murs de Tours et rêve de créer une fondation

Valentin Jacquet a 1 000 projets à la minute et commence à se faire remarquer grâce à Internet.

Des jeunes de 18 ans habillés d’une veste de costume, on n’en voit pas tous les jours. « C’est mon style » assume totalement Valentin Jacquet. En ce moment, il essaie de se faire un nom à Tours avec des actions originales et des projets pour faire bouger la ville. Récemment, on l’a remarqué quand il a projeté une vidéo sur une tour près de la fac des Tanneurs. C’était son œil en gros plan. Puis il a récidivé sur la Tour Lumière, Place de la Résistance en faveur du don du sang ou encore Place Plumereau où il a diffusé ses initiales depuis un bar alors que les terrasses étaient remplies pour l’apéro.

On pourrait croire que Valentin Jacquet s’amuse. Il y a de ça, mais pas seulement. Il cherche aussi sa voie. Né à Saumur, puis installé dans la Sarthe, le jeune adulte est tourangeau depuis 5 ans (il vit aujourd’hui à Tauxigny). Voici comment il présente son parcours : « j’étais au collège à Marmoutier mais je n’avais pas de très bonnes notes. J’ai fait deux fois la 5ème. Après la 3ème, je me suis orienté vers un bac pro électricité à Becquerel mais j’en ai eu ras le bol, j’ai arrêté, j’avais besoin de partir. » « Je m’en vais rapidement de ce que je n’arrive pas à faire » explique ainsi celui qui se sent plus l’âme d’un artiste que d’un étudiant : « j’ai toujours été passionné par le monde du cirque et du spectacle. A la kermesse de l’école, je faisais toujours le show. »

Pour se créer de nouvelles histoires, et avec la bénédiction de sa mère commerçante dans le centre de Tours, Valentin commence alors les aventures hors de France, en solo : Londres un mois, Malte un autre mois, encore 4 semaines à La Réunion et enfin un trip dans les Caraibes. « A chaque fois j’ai trouvé de petits boulots dans les supermarchés ou sur les bateaux. J’ai aussi fait une mission dans une réserve naturelle. J’ai vraiment fait un maximum de choses car mon but c’était de découvrir et de m’enrichir. Là-bas, ce n’est pas le CV qui compte. On est jugé par rapport à ce que l’on sait faire. »

Pendant tous ses voyages, Valentin Jacquet a envoyé des vidéos à ses proches via Facebook. Des petits films humoristiques qui lui ont donné envie de pousser un peu plus loin… Ses inspirations ? « Ca va de Disney à Laurent Baffie et Fabrice Lucchini. J’aime les gens qui tapent sur la table. » De retour en Touraine, il passe au grand format : « j’aime bien me mettre en avant » reconnait-t-il. Armé d’un simple vidéo projecteur, il commence donc à projeter ses vidéos clandestinement sur les murs de Tours : « ça a déjà été fait mais ça sort tout de même de l’ordinaire. » Gagné ! le jeune homme réussit à attiser la curiosité et espère se servir de ce début de notoriété pour gravir quelques échelons. Dans sa tête, les idées semblent fuser à cent à l’heure. Parfois contradictoires, souvent « folles et farfelues » comme « VJ » le reconnait lui-même (le concept d'un tour du monde en Smart lui a traversé l'esprit).

« J’ai le projet de faire voler un hélicoptère au-dessus de la ville avec le logo des JO de Paris 2024 pour soutenir la candidature de la capitale » annonce-t-il par exemple résumant les démarches qu’il a entreprises et entreprend encore pour tenter d’atteindre son but. Mais pourquoi ? « C’est pour donner un coup de punch. Si Tours veut vraiment assumer son statut de métropole, elle doit se rapprocher de Paris. » On croirait entendre un discours politique. Valentin ne nie pas, mais met du temps avant de reconnaître qu’un engagement de ce genre pourrait le motiver (il a quand même été assister au conseil métropolitain il y a quelques jours, encore une activité rare pour un jeune de son âge).

Quitte à se prendre des vents, quitte à ce qu’on le regarde encore un peu de haut vu sa jeunesse, Valentin Jacquet fonce, tente le coup. Il raconte être monté « dans les étages » de la mairie pour plaider sa cause afin de dynamiser la Place de la Résistance à Noël, tente de prendre contact avec les services du président de Tours Métropole ou le créateur du son et lumières de la cathédrale de Tours… Son ambition : « mobiliser la population avec des idées jeunes. » Et s’impliquer dans des projets humanitaires : « j’aimerais lancer une fondation, partir en Afrique et réaliser des vidéos dans les pays défavorisés. J’ai aussi un projet qui consisterait à planter 1 000 arbres, et pourquoi pas en Touraine. »

Ses idées, Valentin Jacquet a encore besoin de les affiner, sans doute devra-t-il bien s’entourer pour les mener jusqu’au bout et franchir des étapes voire des obstacles. Il va sans doute un peu dans tous les sens mais a au moins le mérite de tenter des choses et de s’amuser à bousculer un peu les codes. « Ca va se construire petit à petit, je vis au jour le jour » glisse-t-il en fin d’entretien. Son été ? Il pourrait en partie le passer à Paris pour trouver des partenaires, développer encore de nouvelles idées. Mais il n’est pas exclu qu’il fasse aussi parler de lui en Touraine.

Olivier COLLET