Tours

Arrêtés tranquillité à Tours : la mairie persiste et signe

Les élus sont convaincus de l’utilité du dispositif.

C’est le précédent maire de Tours Jean Germain qui avait commencé, et son successeur Serge Babary perpétue la « tradition ». Deux fois par an, au moment des fêtes de fin d’année et pendant toute la période d’activité de la guinguette de Tours (de mi mai à fin septembre, donc au final presque la moitié de l’année), la ville prend un « arrêté de tranquillité publique » que ses détracteurs ont renommé « arrêté anti-mendicité ».

L’objectif de cette mesure : « éviter une occupation abusive du domaine public » dans le centre-ville de Tours, et permettre à la police municipale de dresser des contraventions si besoin (apparemment, ça n’arrive pas très souvent, on n’a jamais eu de bilan chiffré en tout cas). Sauf que pour la Ligue des Droits de l’Homme (notamment) rien ne justifie une telle réglementation. La justice administrative de Nantes vient d’ailleurs de condamner Tours en appel pour son arrêté de 2014, le premier sous l’ère Babary. Pas de quoi arrêter la municipalité qui s’est par exemple appuyée sur l’état d’urgence pour l’arrêté actuellement en place.

« Ce n’est pas un arrêté anti-mendicité » se défend l’adjoint à la sécurité Olivier Lebreton, qui note le fait que l’arrêté de 2017 et les précédents n’ont pas été attaqués (entre les délais pour le verdict - 3 ans appel compris - et les frais de justice, cela n’est cela dit pas très étonnant).

L’élu reconnait par ailleurs que « le bilan n’est pas facile. La question c’est ‘est-ce que les gens ont l’impression qu’il y a moins de bandes à chiens ?’ On ne parle pas de mendicité mais bien d’occupation abusive. En trois ans, on a par exemple progressé à la gare. » Il se défend aussi de vouloir expulser ces personnes « parfois en errance » mais veut prendre avant tout la défense « du petit commerçant qui voit des gens saouls dès 11h du matin. Forcément, ça ne crée pas une bonne ambiance. »

Et Olivier Lebreton de se mettre à raconter une histoire où, marchant avec le directeur de la police municipale, il a vu « en 30 secondes » les chiens de deux jeunes femmes tenus sans laisse « agresser un autre chien, faire pipi sur l’enseigne d’un kebab » et passer entre un enfant et sa mère. « On assume complètement de dire que c’est anormal et la Ligue des Droits de l’Homme devrait habiter dans un petit commerce » conclut-t-il, ferme, martial.