Tours

Claude Greff, Jean-Patrick Gille : paroles de députés battus

La première ne sait pas ce qu’elle va faire maintenant, le second va chercher du travail.

Ils s’y attendaient un peu, voire beaucoup en coulisses. Mais forcément quand ça arrive pour de vrai ça ne fait pas du bien au moral. Dimanche soir lors du second tour des législatives en Indre-et-Loire, Claude Greff (ancienne ministre de Sarkozy, encartée chez Les Républicains) et Jean-Patrick Gille (socialiste) ont été battus dans leurs circonscriptions d’Amboise et de Tours. Ca faisait tous les deux un moment qu’ils étaient députés à l’Assemblée Nationale : elle voulait un 4ème mandat, lui un troisième. Raté. Assez nettement pour Claude Greff avec 5 000 voix d’écart, 2 000 pour Jean-Patrick Gille. Tous les deux étant remplacés par des députés de La République En Marche, le parti d’Emmanuel Macron.

Au téléphone dans la soirée de dimanche, Claude Greff tente de ne pas être trop amère : « les résultats expriment la persistance de la vague pour Emmanuel Macron et je n’ai pas pu résister. Mon score n’est pas un score qui peut expliquer que l’on ne veut plus de moi. C’est juste que les gens de droite ne se sont pas assez mobilisés. » Analyse un peu similaire pour Jean-Patrick Gille qui explique que « quand les gens pensent que c’est perdu, ils ne se déplacent pas forcément. »

De quoi le décevoir encore plus, lui qui est passé de 15% à 46% en une semaine, soit 6 500 voix de gagnées quand son adversaire Philippe Chalumeau n’en a engrangé que 1 500 de plus (très peu, donc, il n’a eu quasi aucun report de voix). « J’étais trop bas au 1er tour à cause de la dispersion de la gauche. Ca fait trois fois que Claude Bourdin (lke candidat de la France Insoumise, ancien candidat aux municipales et départementales) fait perdre la gauche avec ses ambitions personnelles. » Et de dire clairement aujourd’hui que la capitale de la Touraine « a élu un député de droite. » Attristé par son cas personnel, Jean-Patrick Gille est néanmoins encore plus « affligé » que la région Centre-Val de Loire n’ait aucun député de gauche alors qu’elle a élu un conseil régional… de gauche fin 2015.

De son côté, la droite est orpheline. « Ce soir les personnes qui partagent nos convictions sont un peu veuves » lâche encore Claude Greff, qui répète que ce n’est pas « un vote sanction. » « L’opposition va exister mais elle ne va guère remplir son rôle » craint-t-elle à présent alors que son parti aura un peu plus d’une centaine de députés, presque trois fois moins que celui du chef de l’Etat. « Il y a eu un dégagisme majeur mais qui n’a pas été très constructif » déplore encore l’ancienne ministre amboisienne qui reste conseillère régionale d’opposition. Mais pour le reste, « je ne sais pas ce que je vais faire. Je n’ai pas envisagé l’avenir. J’ai plusieurs choses à gérer comme le licenciement de mes collaborateurs mais ensuite je pense prendre des vacances. »

A Tours, Jean-Patrick Gille, lui aussi conseiller régional, nous confie qu’il va « chercher du travail après avoir pris un peu de temps en famille. » Il confie qu’il ne briguera plus de mandat de député, « ça m’attriste car j’étais très attaché au parlement. » Mais sa vie politique n’est pas terminée… « Ma perspective est désormais de préparer du monde, de voir comment la gauche peut se reconstruire après la mort du PS. Faut qu’on reprenne tout suite aux dix ans d’anesthésie sous Hollande, et les 5 ans d’euthanasie quand il était à l’Elysée. » Sera-t-il de nouveau candidat à une élection ? « Ce n’est pas la réflexion. Après une défaite il faut prendre du recul mais c’est une défaite honorable. » Alors peut-être la mairie de Tours en 2020 ? Disons que la porte est entrouverte.

Olivier COLLET