Tours

Des Tourangeaux vous livrent vos sardines millésimées à domicile

La Sardine Postale veut réinventer notre façon de consommer ces petits poissons.

On pourrait commencer cet article en vous mettant tout de suite une chanson dans la tête. Une chanson qui parle de sardines. Chantée par un animateur télé qui fait aussi tourner les serviettes. On ne le fera pas (mais voici quand même le lien au cas où). A la place, on va vous apprendre un mot : puxisardinophile. Word ne connait pas, Wikipedia si. Le puxisardinophile est un collectionneur de boîtes de sardines. A Tours il en existe au moins un : Lerig Couprie. « C’est une passion qui ne coûte pas cher, une bonne boîte de sardines c’est entre 4 et 5€. » Plus cher qu’un timbre, tout de même. Mais incontestablement meilleur à manger, si tant est qu’on l’ouvre.

Car le puxisardinophile (on adore ce mot) ne se contente pas d’empiler ses boîtes de sardines. Non, il y a toute une réflexion derrière ça. Cet amateur de poisson les laisse tout simplement vieillir pour les rendre encore meilleures. Après tout, si on les a mises dans une boîte de conserve ça doit bien être pour une bonne raison. Et on parle d’affinage, comme le fromage. Ca fait ainsi près de dix ans que Lerig Couprie récupère des boîtes chez différents vendeurs. C’est venu comme ça : « j’aime bien manger, et j’ai lu quelques articles sur les sardines. J’ai trouvé ça cool et rigolo. » Aujourd’hui, sa cave en compte près de 500.

Son meilleur conseil : « oubliez vos boîtes de sardines bien au fond de votre placard », et quelques années plus tard vous pourrez vous en féliciter. « Une vieille boîte de sardines ça n’a pas de prix car ça n’existe pas » insiste le jeune homme qui explique qu’à quelques exceptions près on ne trouve pas de veilles sardines à vendre, « ou alors sur Le Bon Coin. » Il poursuit : « nous sommes en 2017, on en trouve donc de 2016, 2015, 2014 si on a de la chance mais c’est tout. » Alors que pour qu’une sardine ait vraiment atteint une pleine maturité dans son huile il faut au moins 4 ans. Explication : « la sardine se dissout dans l’huile d’olive. L’arrête centrale notamment. Elle devient donc tendre et moelleuse, confite. C’est incroyable. J’ai goûté une sardine vieille de 20 ans et c’était vraiment extraordinaire. » On croirait entendre un acteur qui vient de recevoir un Oscar. Conclusion : on peut prendre son pied avec une sardine.

A ce stade de l’article, précisons que nous ne sommes pas en train de faire notre poisson d’avril annuel. « Tout le monde est sceptique au départ puis tous trouvent ça vachement bon quand je leur fais goûter » poursuit Lerig pour nous convaincre. Lui qui ne mange jamais de sardine seul, l’accommode tout simplement avec du pain et un verre de blanc sec type sauvignon ou muscadet. Il a ses petites habitudes, « mais on peut aussi les manger avec du beurre, faire griller le pain… » Il n’y a pas une seule façon de se régaler avec des sardines (pensez au barbecue, aussi. Et pensez à nous inviter, ensuite).

Pour faire partager sa passion, Lerig Couprie a imaginé de faire de son hobbie un business. C’est arrivé pendant le Startup Week-end de Tours à l’automne dernier (et on en avait déjà parlé, parce que ça nous avait fait marrer). Son idée de base, c’était de créer une application pour puxisardinophiles, mais le marché était trop restreint pour développer un modèle économique. Une autre idée est née : envoyer des boîtes par La Poste à des gens qui auraient payé pour ça. Ainsi naquit La Sardine Postale.

Après quelques mois d’affinage (oui, comme les sardines et le fromage, un projet d’entreprise il faut que ça repose quelques temps pour se bonifier), ils sont 4 à concrétiser l’aventure pour ce printemps 2017. Leur proposition : pour 22€ tu reçois chez toi 4 boîtes de sardines plus ou moins vieilles et de qualité à ouvrir tout de suite ou à laisser traîner dans un coin jusqu’à ce que ce soit le bon moment. Dans le colis, tu trouveras aussi un produit supplémentaire permettant d’accompagner joliment les bestioles, et un livret expliquant d’où viennent les poissons et ce que l’on peut en faire de bien. « On joue le rôle d’épicerie fine » résume Lerig qui s’approvisionne auprès de conserveries en France ou au Portugal, par exemple.

Jusqu’au 18 juin vous pouvez commander les premières boîtes au contenu surprise via une campagne Ulule. Si ça marche, La Sardine Postale, conduite par quatre facteurs-pêcheurs accostera dans votre boîte aux lettres tous les trois mois.

Olivier COLLET