Tours

Cacophonie autour des Halles au conseil municipal de Tours

Long débat et accusations multiples au sujet du projet de rénovation du ventre de Tours ce lundi soir.

Le conseil municipal de Tours ne se réunit toujours pas dans une ambiance sereine et constructive. La preuve ce 15 mai dès le point N°2 de l’ordre du jour concernant le projet de rénovation des Halles. Rappelons que la ville vient de lancer un appel à projets pour que des professionnels lancent leurs idées afin de moderniser le bâtiment et y développer de nouvelles activités, notamment en lien avec la Cité de la Gastronomie.

Par la voix de Pierre Commandeur, l’opposition (groupe Tours 2020) a tiré à boulets rouges sur la méthode de la mairie : « avant de lancer cet appel vous n’avez pas fait de diagnostic sur la circulation, l’état du commerce ou le stationnement. C’est curieux. Le timing interroge aussi alors qu’il y a déjà eu pas mal de choses de faites dans le secteur avec la réfection de la Place de la Victoire, des trottoirs à l’ouest des Halles et de la Place Châteauneuf. Ca fait beaucoup et dans le même temps le périmètre de ce projet reste flou, pareil sur le volet financier. Quelle est l’enveloppe ? Que vont devenir les associations qui louent des salles dans les étages ? Et puis il y a le risque d’abandonner le bâtiment à un promoteur privé. La ville doit rester propriétaire. »

Piqué au vif, le maire Serge Babary explique qu’il ne s’attendait pas « à une telle fin de non recevoir désobligeante et incompréhensible. Le jour où l’on amène un grand projet on se fait rabrouer méchamment mais ça ne m’empêchera pas d’avancer. Pour les associations, certaines sont déjà parties car on leur a proposé d’autres lieux et on va accompagner les autres. Quant à la salle publique (la salle 121 qui accueille spectacles et réunions, ndlr), je souhaite qu’on la conserve mais il faut la rénover. Et pour le financement, on fera appel aux aides de la métropole ou de la région. »

Pas de quoi convaincre Nicolas Gautreau : « on a l’impression que la ville lâche ça dans la nature sans cadre. On fait un appel à projets et verra bien ce qui en sort. » Et de railler le manque de cncertation avec les habitants. « Accordez-nous l’intelligence de la démarche, notre cahier des charges fait 31 pages. Si la population réagit comme vous je suis vraiment inquiet » a rétorqué le maire se défendant avec ses adjoints d’avoir impliqué dès le début les commerçants et prévoyant de consulter les habitants.

Débat clos ? Pas du tout. Les choses se sont envenimées quand la socialiste Nadia Hamoudi et l’écologiste Emmanuel Denis ont remis sur la table le sujet de l’installation du Mc Do pas loin des Halles et tout près de la Place du Monstre, « dîtes-nous comment on l’empêche ? A Florence, en Italie, le maire se retrouve avec une demande de dommages et intérêts de 17,8 millions d’euros pour avoir refusé des fast food » s'est étranglé Serge Babary.

Ensuite, c’est devenu une véritable cacophonie, Nadia Hamoudi ayant aussi voulu demander s’il y avait quelque chose de prévu Place du Monstre faisant référence au fait que certains élus de la majorité étaient dans le passé dubitatifs face à cette oeuvre : « c’est votre spécialité d’inquiéter les gens » a lancé Serge Babary rejoint par son adjoint au tourisme Christophe Bouchet comparant implicitement Tours 2020 au Front National : « vous surfez sur les peurs. »

Seul le Parti Communiste n’a pas vexé la majorité suite à l’intervention de Pierre Texier proposant de demander par exemple à de jeunes urbanistes de réfléchir aussi à ce projet de modernisation des Halles pour créer un recueil d’idées. Ce qui va également dans le sens du projet Envies de Loire mis en ligne il y a quelques jours pour imaginer des aménagements au bord du fleuve, processus défendu par Christophe Bouchet et d’ailleurs validé par l’opposition qui y voit une démarche plus plaisante et participative que pour les Halles.

Olivier COLLET