Tours

LEGISLATIVES : 4 Macronistes tourangeaux investis

Mais aucun face à la future ex-ministre Marisol Touraine.

Et voilà, le choix est fait ! Ce jeudi après-midi (avec plein de retard sur l'heure prévue), la parti du président élu Emmanuel Macron - La République En Marche - a présenté ses candidats déjà investis pour les élections législatives des 11 et 18 juin, celles que le nouveau chef de l'Etat espère remporté pour avoir un gros groupe voire une majorité à l'Assemblée Nationale afin de mettre en oeuvre ses projets de réformes.

La communication est bien rôdée : 428 candidats présentés, 50% de femmes, 50% d'hommes, 24 députés socialistes sortants et de nombreuses têtes n'ayant jamais été élues. Pour l'Indre-et-Loire, on est en partie dans ce schéma. Sans surprise, Philippe Chalumeau est investi pour la 1ère circonscription sur la ville de Tours.

Référent d'En Marche depuis le début, ce proche de Jean Germain ex dirigeant socialiste tourangeau a mené la campagne présidentielle en local et accueilli Emmanuel Macron en visite à Montlouis-sur-Loire et St-Pierre-des-Corps. Fort du bon score du nouveau président sur la ville, il devra tenter de transformer l'essai face à un Jean-Patrick Gille (PS) bien implanté, des Insoumis en embuscade avec Claude Bourdin et la droite de Céline Ballesteros qui veille au grain. Autrement dit, pour lui ce ne sera pas de la tarte !

D'ailleurs, aucune circonscription tourangelle n'apparait d'emblée favorable à La République En Marche... Il y a cependant un coup à jouer dans la 2ème, celle de l'ancienne ministre LR Claude Greff (Amboise...). Là, c'est Daniel Labaronne, le maire de Bléré, qui y va. Encore un ex socialiste, parmi les 1ers à avoir envoyé son parrainage à Macron avant la présidentielle dans le département. Face à la socialiste Isabelle Gaudron, il ne devrait pas avoir de mal à se faire une place et vu que la dernière élection s'était jouée de façon très serrée il y a 5 ans, tout est possible.

Sur le Lochois, surprise !, il n'y a personne. Ne serait-ce que partie remise ? Pas sûr. Il se pourrait bien que La République En Marche face le même coup que pour Manuel Valls. Sur cette 3ème circonscription allant de St-Pierre-des-Corps à Loches, Marisol Touraine, future ex-ministre de la santé de François Hollande, se présente. Et elle dit clairement qu'elle veut s'inscrire dans la majorité présidentielle. Comme son ancien patron Manuel Valls candidat dans l'Essonne. Et pour l'ancien 1er ministre, REM ne place personne afin de ne pas lui faire trop de concurrence, mais sans lui donner d'étiquette. Alors qu'à l'origine le mouvement voulait 577 candidats. On ne comprend pas toute la logique mais on voit bien l'esprit : ménager les bonnes volontés sur la base de la confiance.

Sur ce territoire d'Indre-et-Loire, ce n'est pas forcément non plus une mauvaise stratégie. Le FN étant fort et la droite éclatée, un candidat supplémentaire ne ferait qu'éparpiller encore plus les voix. Mais avoir Marisol Touraine comme candidate officieuse vu l'état de sa popularité (très, très bas, allez demander au CHU Trousseau qui est en plus sur son territoire) et sa façon très à l'ancienne de faire de la politique (venir visiter un commissariat en tant que ministre de la santé pour faire la tournée des popotes), ce n'est pas un superbe signe de renouvellement et d'audace.

Evoquons enfin les deux dernières circonscriptions : sur le Chinonais (et à Joué-lès-Tours), Fabienne Colboc, fidèle parmi les fidèles à En Marche, ira croiser le fer avec le frondeur socialiste sortant Laurent Baumel tandis que Sabine Thillaye part faire campagne sur St-Cyr-sur-Loire, Bourgueil et compagnie (5ème circonscription), là où droite et FN sont bien incrustés. En Indre-et-Loire, La République En Marche tente des paris. Elle a un mois pour s'implanter sur le territoire et ne pas perdre l'élan de la présidentielle. Si elle arrive à avoir un élu, ce sera déjà une victoire. Même s'il ne faut pas oublier que les électeurs sont désormais surprenants et en quête de renouvellement.

 

Photo : Philippe Chalumeau et Daniel Labaronne.