Tours

PRESIDENTIELLE : Deux manifs, deux ambiances

Un ennemi commun : Le Pen. Mais Macron est aussi visé.

Dès le début de semaine, dès le résultat du 1er tour de la présidentielle connu (finale Macron-Le Pen), SOS Racisme 37 s’est mobilisé en annonçant une manifestation contre l’extrême droite ce jeudi soir à 18h Place Jean Jaurès à Tours. Un sursaut incomparable au choc Le Pen de 2002 mais qui a le mérite d'exister dans une France où le FN semble bien ancré dans son moule. Sur le parvis de la mairie à l’heure dite, quelques militants de l’association sont là avec des élus EELV ou PS et des représentants du monde culturel. Ils sont une cinquantaine, ils assument leur volonté de voter Macron au second tour le 7 mai pour faire barrage au Front National et voilà. Un discours était prévu, mais on ne l’a pas entendu.

De retour d’un tour du centre-ville débuté à 17h depuis la même Place Jean Jaurès et qui est notamment passé devant la permanence frontiste, 200 à 300 autres personnes (en majorité des jeunes, dont certains n’ayant sans doute pas l’âge de voter) reviennent sur le Boulevard et font beaucoup plus de bruit. Ils prennent le pouvoir par l’effet de masse. Leur message à eux : non à Le Pen, mais non à Macron aussi. Motivés par les militants de la France Insoumise, du NPA ou du PCF, ils prévoient de s’abstenir ou de voter blanc dans dix jours, contre ce que représente l’extrême droite à leurs yeux (la haine) et ce que symbolise le candidat d’En Marche selon eux (le capitalisme).

Quelques discussions s’engagent entre ces jeunes et des participants à l’autre manif’ qui leur reprochent de faire le jeu du Front National en ne lui faisant pas barrage avec un vote Macron. Mais pour les partisans de ce « ni, ni », pas question de vendre leur âme et leur honneur politique. Argument contre argument mais discussion très compliquée, et en fond des slogans très hostiles aux socialistes… Ce qui est frappant, c’est de voir le contraste entre les deux groupes : l’un avec les badges SOS Racisme) plutôt âgé, l’autre très jeune. Ces jeunes qui sont la France d’aujourd’hui et de demain, qui se construisent une conscience politique, n’arrivent pas à se sentir représentés par les élus actuels, veulent tout bousculer mais ne parviennent pas à faire de leurs idées des opinions majoritaires. Pas encore, peut-être.