Tours

35 chefs étoilés et des concerts à Ste Radegonde en septembre

Le parc des bords de Loire va accueillir un festival culinaire et musical, Les Francos Gourmandes. Un projet qui fait débat.

Après Terres du Son, Aucard de Tours ou Avoine Zone Groove, l’Indre-et-Loire s’apprête à accueillir un nouveau festival au mois de septembre : Les Francos Gourmandes. Déjà passé par la ville de Tournus en Saône-et-Loire*, mais stoppé en 2015, il se cherche un nouveau port d’attache et va donc poser ses valises dans le parc de Ste Radegonde, en bord de Loire, à Tours Nord. Ce sera le week-end du 15 septembre.

Ethymologiquement, Les Francos Gourmandes ça peut vous rappeler Les Francofolies de La Rochelle. C’est normal, c’est la même société qui est derrière les deux événements : Morgane Events. L’idée : avoir un mélange de musique et de cuisine avec 35 chefs étoilés annoncés et l’objectif d’accueillir 7 500 festivaliers puis 10 000 à moyen terme sur un week-end. On parle aussi d’un marché bio, un village artisanal, une mise en valeur des 11 brasseurs de bière tourangeaux... « C’est un festival qui est déjà en montage » asure le maire de Tours Serge Babary.

« Ce n’est pas sûr que ça marche mais si on ne teste pas c’est sûr que l’on n’aura rien au bout » explique le président de la métropole Philippe Briand qui a accepté de soutenir l’événement à hauteur de 100 000€ (la ville de Tours va mettre autant et la région 150 000€), et ce en plus du lancement du festival du cirque le dernier week-end de septembre : « on peut imaginer la métropole en fête en septembre » explique l’élu. « Quand une bonne idée circule, il faut s’en emparer sinon c’est Angers ou Orléans qui s’en emparent comme le Festival de Loire d’Orléans qui a commencé à Tours » poursuit Serge Babary.

Des réponses aux sceptiques de l’opposition qui ne sont pas totalement convaincus par ce festival... Vincent Tison (PS) : « donner 54% du budget pour une prestation à Morgane ça m’interroge car l’idée principale c’est plutôt de mobiliser sur la gastronimie, autour du patrimoine immatériel, des acteurs locaux... On va peut-être un peu vite aussi. La communication n’est pas encore lancée contrairement à celle du festival du cirque. Et puis pourquoi aller acheter à l’extérieur quand on pourrait faire un travail plus fondé avec des acteurs locaux ? » Réponse de Serge Babary : une collaboration est envisagée avec Terres du Son.

De son côté, Emmanuel Denis a aussi émis des réserve,s y compris sur le fonctionnement global de Tours Cité de la Gastronomie qui chapeaute cet événement des Francos Gourmandes : « quelle est sa visibilité, son image, sa ligne éditoriale ? J’ai des questions notamment sur le grand repas destiné à promouvoir la gastronomie tourangelle mais soutenu par les grands industriels de la restauration. Ce festival en soi n’est pas une mauvaise idée mais l’ambition est peut-être trop forte et l’opérateur n’est pas forcément le bon. A Tournus, il s’est arrêté du jour au lendemain à cause de doutes sur le financement des collectivités. Le monde de la culture a aussi des griefs contre cet opérateur. » En réponse, Serge Babary a assuré avoir eu des réponses satisfaisantes de la part des élus de Tournus sur l’organisation des Francos Gourmandes.

De notre côté, nous pouvons noter que le festival créé sous la présidence départementale d'Arnaud Montebourg et qui montait doucement en puissance s'est bien arrêté par crainte d'un manque de subventions publiques, alors qu'à l'origine il avait été imaginé capable de prendre son envol justement avec moins de soutiens des collectivités. Nos confrères du Bien Public ont évoqué la question dans un article à lire ici.

Olivier COLLET

*Message aux élus, sans doute nombreux, qui vont lire cet article (et plus généralement pour la culture générale de nos lecteurs) : ça s’écrit Tournus mais ça se prononce TOURNU. L’auteur de ces lignes ayant habité dans le coin, il peut vous le certifier. Cordialement.