Tours

Un grand bassin avec des dauphins pour La Gloriette à Tours

Une plage permettra même de les approcher de très près.

Les images ont marqué les Tourangeaux il y a tout juste dix mois : la plaine de la Gloriette totalement inondée à proximité du quartier des Deux-Lions, les chapiteaux du festival Aucard de Tours les pieds dans l’eau et l’événement annulé après une seule soirée à cause de ces intempéries. Un gros coup dur pour les fans de musique et surtout pour l’organisateur Radio Béton qui a tout de même su rebondir rapidement, notamment grâce à un week-end de soutien organisé en août sur l’Île Aucard. Résultat : une 32ème édition « au sec » avec un cactus en tête d’affiche est prévue dans deux mois, à nouveau dans le parc de la Gloriette. Mais ce sera sans doute la dernière fois sous la forme que l’on connait…

En effet, suite à l’inondation de la Gloriette, la ville de Tours et la préfecture d’Indre-et-Loire se sont posées beaucoup de questions sur la façon de prévenir au mieux les risques de débordements de la Loire et du Cher. Comme nous vous l’avons expliqué à plusieurs reprises sur Info-Tours.fr, un Plan de Prévention des Risques d’Inondations a été mis en place. Eh bien un amendement à ce document vient d’être adopté en catimini ;

On a été à la pèche aux infos, et voici ce que l’on a appris… Il prévoit que la Gloriette devienne définitivement un site aquatique afin que l’eau s’y déverse en cas de montée du niveau du Cher, et ainsi d’éviter que certains quartiers comme les Deux-Lions se retrouvent noyés. L’objectif est de creuser un gigantesque bassin de 30m de profondeur qui serait rempli à moitié en situation normale mais pourrait accueillir des milliers de m3 d’eau supplémentaires en cas de crue décennale ou centennale, comme observé en 2016.

Fini donc ce parc très apprécié des Tourangeaux avec ses jeux, ses grands espaces, ses aires de pique nique ? Oui et non. La municipalité a bien compris que les habitants étaient attachés à cet endroit et a donc tout de suite demandé à ce que l’on planche sur un projet permettant à la Gloriette de rester un site de loisirs accessible à tous. C’est d’ailleurs pour ça que son cas ne figure pas dans le premier document présenté aux autorités.

Voici donc ce qui se profile : le bassin qui sera creusé au niveau de la plaine accueillera des dauphins. A priori, il serait assez grand pour une vingtaine de mammifères marins, et il s’agirait de jeunes nés dans d’autres parcs aquatiques européens. Ils vivraient alors en semi-liberté et seraient nourris avec des poissons provenant du Cher, aspirés depuis la rivière par un ingénieux système de tuyauterie qui les attraperaient au passage et les relâcheraient dans le bassin des dauphins, évitant ainsi des contacts trop fréquents avec les humains. Quant aux Tourangeaux, ils pourraient toute l’année venir observer les animaux évoluer (et sans doute jouer, sauter dans l’eau) grâce à des terrasses aménagées sur les bords du bassin mais situées en hauteur, afin de ne pas trop les déranger. Des sites qui deviendraient inaccessibles en cas de crues, suite au remplissage de cette étendue d’eau.

Le projet ayant un coût particulièrement élevé, plusieurs pistes sont envisagées afin de le rentabiliser. Les grandes entreprises voisines des Deux-Lions, qui redoutent de voir leurs immeubles noyés, pourraient être mises à contribution (une sorte d’assurance pour elles). Une plage pourrait aussi être aménagée au bord de l’eau pour que des VIP puissent aller se prélasser en été. Ils pourront en plus embarquer sur de petits bateaux et espérer ainsi voir les dauphins sauter dans leurs vagues, comme dans les films et dans leurs rêves les plus fous.

Quant à Aucard de Tours, il pourrait continuer de se dérouler à la Gloriette, sur une île artificielle démontable qui serait installée chaque année au mois de juin, là-encore sans déranger les dauphins. Pas sûr tout de même que le concept fasse l’unanimité, le Zoo de Beauval ayant dû renoncer à accueillir des mammifères il y a quelques mois sous la pression de défenseurs des animaux. Une association baptisée Flipper fait flipper à Tours serait d’ailleurs sur le point de voir le jour.

 

Article publié le 1er avril 2017.