Tours

Ca va enfin bouger en haut de la Rue Nationale

A l’arrêt depuis plusieurs mois, le chantier des hôtels Hilton, des commerces et des logements est sur le point de reprendre. Les grues arriveront en septembre.

« On attendait l’inauguration du CCCOD » explique-t-on à la Société d’Equipement de la Touraine pour justifier le calme sur le chantier du haut de la Rue Nationale à Tours et couper court aux rumeurs de problèmes. Le Centre de Création Contemporaine étant désormais ouvert, plus rien ne s’oppose en théorie à l’arrivée des ouvriers. Sauf que la pose de la première pierre initialement annoncée pour cette fin mars n’aura pas lieu avant de longues semaines, et voici pourquoi...

Déjà, les permis de construire sont tout récents : « on les a peaufinés, étudiés » (pour éviter les soucis juridiques alors que des procédures sont lancées comme un recours auprès de l’UNESCO par l’association Aquavit...). Bref, les permis ont été signés les 16 février et 3 mars. « On va maintenant pouvoir entrer dans la phase de construction », explique Eiffage, l’entreprise qui sera chargée de l’édification des bâtiments. Mais avant d’empiler les briques, il y a pas mal de choses à faire comme des études de sol, des démolitions complémentaires et des branchements « et ici c’est plus long car le site est grand et complexe. » Des panneaux d’information expliquant le déroulé du chantier seront aussi érigés.

Ensuite, en juin et juillet, on passera au terrassement, à l’aménagement des fondations... Le chantier commencera alors à prendre plus de place dans l’espace entouré par 444m de palissades mais, promis, sans empiéter sur les pavés de la Rue Nationale, le tramway, la Rue Colbert, la Rue du Commerce ou les accès au CCCOD et au Musée du Compagnonnage (qui resteront ouverts en permanence). « On va également adopter notre charte ‘chantier propre’ sans bungalows. La base des ouvriers sera installée au rez-de-chaussée de l’ancien bâtiment de l’Etat » explique-t-on chez Eiifage.

Après la pause habituelle du mois d’août, les choses sérieuses vont débuter en septembre avec le débarquement des deux grues, une de chaque côté de la Rue Nationale pour construire les deux hôtels Hilton de 4 étages, voire 7 étages dans les tours de verre qui feront face à la Loire : « les deux bâtiments de 10 000m², l’équivalent du Gallion d’EDF aux Deux-Lions, seront symétriques sur l’entrée de la Rue Nationale » rappelle Pascal Gomez de la SET, notant qu’ils seront en revanche un peu différents dans la rue.

A l’ouest (côté CCCOD), ce sera l’hôtel 4 étoiles Hilton Hampton avec ses 100 chambres d’environ 25m² et ses espaces communs au rez-de-chaussée (restaurant, accueil...). Côté est (Rue Colbert), l’Hilton Garden Inn (3 étoiles, 70 chambres autour de 18-19m²) lui aussi avec des espaces communs donnant sur la rue. Imaginés par l’architecte Andrew Hobson, ils seront tous deux recouverts de pierre, mais seulement en façade.

Le chantier total (pour un montant de 50 millions d’euros hors taxes) est censé durer deux ans (avec une pause de 15 jours pour les fêtes de fin d’année), pour une inauguration toujours annoncée au début de la saison estivale 2019. Une quarantaine de personnes devraient s’activer derrière les barricades, « et pas de travailleurs détachés, avec une priorité aux entreprises de la région de Tours dans la mesure où elles sont capables de réaliser ces travaux très techniques » avance Alain Riguidel d’Eiffage.

En plus des hôtels, il ne faut pas oublier les 4 000m² de commerces (une grande épicerie, un restaurant ayant l’ambition d’être étoilé sont annoncés en attendant d’autres confirmations plus tard) et la cinquantaine de logements. A l’est, il y aura une quinzaine d’appartements accolés au Hilton, et à l’ouest, à l’angle de la Rue du Commerce, 33 appartements verront le jour au dessus de deux étages de commerces. « L’immeuble qui disposera d’un parking en sous-sol ne sera pas plus grand que les autres constructions des alentours pour respecter les exigences du secteur sauvegardé » nous dit-on. Il y aura donc des logements sur 3 étages et la moitié d’un quatrième étage.

Mais avant de voir cette partie-là sortir de terre, il faudra démolir le bâtiment actuel qui abrite notamment le bar des Frères Berthom, institution tourangelle dont on ne connait toujours pas le sort : « des discussions et négociations sont en cours » nous dit-on simplement. Pour un relogement ? Une indemnisation ? Une réinstallation ? En tout cas, une fois le bâtiment détruit, il faudra faire des fouilles archéologiques et entreprendre 18 mois de construction. Là aussi pour une inauguration vers la mi-2019 si tout va bien, mais rien n’est sûr. Les opérations devraient débuter en fin d’année ou début 2018.

Enfin, du côté de l’église St Julien à l’est, aucun calendrier n’est fixé pour la démolition de l’immeuble abritant le coiffeur Carpy et le restaurant Les Farfadets, mais ce ne sera pas avant 2020. Là, l’idée est toujours d’aménager un parvis en gradins pour mettre en valeur l’entrée de l’église. Toutes les infos sont sur le site tours-nationale.fr ou voir nos précédents articles.

Olivier COLLET