Tours

Un nouveau restau de burgers a poussé dans le Vieux-Tours

Tous les ingrédients sont fabriqués par des entreprises locales, avec des originalités qui méritent le détour pour manger sur place ou emporter.

A ce niveau là ce n’est plus une mode mais presque une invasion. Oui, il y a – encore – un nouvel endroit où manger des burgers dans le Vieux-Tours. Ouvert la semaine dernière, l’Authentique Fast-Good a pris racine Rue de la Rôtisserie. Qu’a-t-il de spécial pour qu’il mérite notre intérêt ? Déjà, quelques détails visuels : à l’intérieur, c’est très boisé. Dans la salle du premier étage – privatisable mais aussi parfaite pour un rendez-vous au calme l’après-midi en mode salon de thé – les tableaux sont composés à base de petits rondins de bois. C’est tout bête, mais ça fait la différence. Et au rez-de-chaussée, la déco est en partie constituée de jardinières où poussent des herbes aromatiques, champêtre. Quant aux meubles, ils ont à la base été fabriqués par une grande enseigne, mais ont été récupérés dans d’autres restaurants, c’est le côté écolo.

Les petits indices listés ci-dessus laissent penser que l’on n’a pas affaire à n’importe quel entrepreneur… Le garçon qui nous accueille en fin de service avec sa soupe et ses frites n’a d’ailleurs que 23 ans, et peut-être même qu’il fait un peu moins. Antoine Facon sort tout droit de l’IAE de Tours, avec un master en gestion des entreprises. Récompensé au concours Créa Campus, il planche depuis de longs mois sur son projet de fast-food après quelques expériences de plongeur ou de barman. Son idée : faire du local, que du local, rien que du local.

Son discours sur la question est rôdé, on commence à avoir l’habitude de l’entendre et il fait plutôt du bien aux oreilles. Après Le Court-Circuit (le bar-resto aux buffets de produits locaux), La Gourmande côté food truck ou son voisin Frenchy’s Burger (plus haut de gamme), Antoine Facon est donc le nouveau né d’une dynastie qui ne cesse de se multiplier et qui veut prouver que l’on peut manger rapidement, correctement et en faisant travailler les entreprises locales d’Indre-et-Loire.

Sa réflexion a commencé un jour de fringale : « en allant avec des amis dans un restaurant rapide classique, j’avais encore faim, ce n’était pas bon… On est toujours content d’y aller mais on ressort déçu. » Et comme il voulait monter son affaire, il a trouvé la solution pour satisfaire l’appétit de son estomac et sa soif d’entreprendre. C’est décidé : ses fournisseurs seront exclusivement tourangeaux : « les pommes de terre viennent de St Genouph, les pains sont fabriqués par une boulangerie du quartier des Halles avec de la farine de blé ou de maïs de Crouzilles (près de l’Île-Bouchard), les jus sont ceux des Vergers de la Manse, on a les boissons de la Loère, les bières CTB ou La Loirette… Même le café est torréfié à Montlouis-sur-Loire. »

Avec tout ça, Antoine et son chef Kevin proposent 3 burgers à la carte (bœuf, poulet, végétarien) et autant de soupes, « et on n’est pas nombreux sur ce créneau-ci… » insiste-t-il (moins que pour les burgers, c’est clair). Au tableau, on voit par exemple, un velouté bœuf-carottes, de la crème de champignons (avec la crème de la Laiterie de Verneuil), ou une soupe de légumes. « Les recettes on les change tous les deux-trois jours en fonction de ce qu’on a. » Et quand, à force de découper beaucoup de poulets pour les burgers, il reste plein d’ailes, « on fait des wings en accompagnement à la place des frites ou de la salade de choux. » La formule est à 13€ pour le burger, 10€ pour la soupe et les desserts sont à 2€.

Gustativement, ça vaut quoi ? On a goûté le burger de bœuf. Point intéressant pour commencer : on n’y trouve pas de steak mais des morceaux de viande, c’est top pour la mâche, le goût est plus prononcé. Le pain est très bon, accompagné de tomme fermière, de salade et d’une sauce miel-cannelle (très bonne idée, ça ! Le chef fait aussi miel-framboise, violette-framboise ou une béarnaise au chèvre selon ses inspirations). Cela dit, ça aurait mérité un peu de rab’ de garniture, notamment pour le fromage. Les frites sont bien maîtrisées, quant à la tarte aux poires : un peu froide mais très copieuse et surtout très joliment présentée, façon pâtisserie de nos grands-parents (ça, on aime !). Les prix sont donc un peu plus élevés que d’autres enseignes à emporter mais dans l’ensemble ça tient bien la route.

Olivier COLLET

La page Facebook du restau est ici.