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ST AVERTIN : Tentative de décrochage du portrait d’Emmanuel Macron

Ça s’est fini par une intervention policière.

« Ce n’est pas une action contre le maire de Saint-Avertin, mais contre le symbole d’Emmanuel Macron » préviennent les militants juste avant de passer à l’action. Ils et elles sont une petite dizaine, de tous âges, à se réunir dans le centre-ville de la commune tourangelle ce mardi, en début d’après-midi. Un groupe qui veut agir sous la bannière du mouvement ANV-COP21 avec un objectif : décrocher le portrait d’Emmanuel Macron qui trône dans la salle des mariages. Comme d’autres l’ont fait ces derniers temps un peu partout en France.

Quelques secondes d’action dans la mairie

Le crédo d’ANV-COP21 c’est ça : organiser des actions non violentes de désobéissance civile à fort potentiel médiatique dans le but d’insister sur l’urgence climatique, et donc réclamer des mesures concrètes au niveau local et national. Il s’agit de militantes et de militants loin de se satisfaire des actions du gouvernement ou des collectivités locales.

En Touraine, Saint-Avertin est leur première action, « parce que c’est facile » nous dit-on. La salle des mariages est en effet tout près d’une des deux entrées de la mairie, côté parking. En théorie l’action ne doit prendre que quelques dizaines de secondes, le temps d’une vidéo pensée pour les réseaux sociaux.

Condamnation de la préfète d’Indre-et-Loire

Organisés façon commando activiste avec échanges par messages texte ou audio en direct, les participantes et participants se divisent en plusieurs grappes aux alentours de 14h. Au top départ tout le monde connait son rôle. L’action s’organise depuis un petit moment, mais elle a été gardée secrète. On comprend bien pourquoi : il s’agit concrètement de dérober le portrait du président de la République dans la mairie. Et le personnel municipal veille : quand le groupe ressort, il est vivement alpagué par une femme qui se dit « d’accord » avec les revendications mais dénonce le mode d’action au prétexte qu’il « dessert le mouvement ». Elle réussit à s’emparer du sac en toile de jute renfermant le cadre, « et comme notre action est non violente nous n’avons pas essayé de le reprendre » résume Matthias d’ANV-COP21 après coup. Un échec, doublé d’une intervention policière dans les minutes qui suivent, malgré une tentative de dispersion dans les rues adjacentes.

En fin d’après-midi, la préfète d’Indre-et-Loire a vivement condamné les événements et promet des suites judiciaires. Selon Corinne Orzechowski c’est « une atteinte symbolique à nos institutions démocratiques ».

Le député LREM de Tours Philippe Chalumeau a aussi réagi faisant part de son "indignation" : " la présence d’une photo du Président au mur de nos mairies relève d’une pratique profondément ancrée dans notre démocratie, et témoigne, au-delà de toute considération partisane, du respect qu’appellent les hautes fonctions exercées par le chef de l’État." Et pour le maire de Saint-Avertin Laurent Raymond, il "déplore et condamne" l'action, en marquant son soutien à "ceux qui se sont interposés".