Tours Agglo

Terres du Son : les éco-festivaliers peuvent mieux faire

Le festival Terres du Son organisait pour la première fois un challenge éco-responsable. A la clé : un pass TDS à vie pour le festivalier le plus écolo

30 degrés à l’ombre, l’asphalte est à 40. Le soleil de plomb fait ruisseler les fronts des festivaliers de Terres du Son (TDS). Les dos sont luisants et deux énergumènes se baladent, armés de leurs arrosoirs dans les travées de la prairie, prêts à arroser au moindre mouvement.

Dans ma poche brulante, mon téléphone, lui aussi bouillant, se met à vibrer.

Devenir festivalier écoresponsable : rien du plus simple. Il suffisait, le temps du festival, de réaliser des petites actions dignes des plus grands écolos : ramasser des mégots, donner son verre éco-cup à une association, venir à vélo…

Venir à vélo sous 35 degrés... Samedi, ils étaient 4 courageux à avoir pris le risque de faire une insolation. Plus d’une heure et demie à pédaler, encadré par deux joyeux bénévoles. Ce trajet était le meilleur moyen de gagner un maximum de points dans la course au pass TDS à vie. Chaque soir du festival, à 21h, une notification était envoyée à tous les participants à ce challenge écoresponsable. Ce n’était pas un jeu 100% gagnant mais ils étaient 20 chaque jour à recevoir des cadeaux : T-shirt, CD, affiches…

Pourtant, peut-être que le plus compliqué était de se lancer. Sur tout le festival, l’organisation a compté près de 300 participants. Mais quand on va au point info, à l’entrée du festival : « Je crois que les gens s’en moquent un peu, constate une bénévole. En tout cas, moi, je ne sais rien de plus que ce qu’il y a marqué sur l’affiche. Je ne suis même pas sûre qu’il y ait un stand. »

C’est la première année que cet éco-challenge se met en place. « Pour l’instant, ce n’est qu’une phase de test. On n’attendait pas plus de 100 participants. On est assez surpris que ça ait aussi bien marché », se réjouit Pauline, responsable de la communication du festival.

Tout a été mis en place pour que les festivaliers aident au maximum les bénévoles dans la gestion du tri des déchets. D’ailleurs, les seuls déchets qui traînent dans l’herbe sont les paillettes et confettis qui brillent au soleil. Chaque festivalier pouvait récupérer un petit cendrier de poche pour y écraser ses mégots. Des poubelles étaient disponibles un peu partout sur le site, identifiées grâce à des slogans bien sentis : « N’en perds pas une miette, finis ton assiette » ou encore « One two, tri, le tri commence aujourd’hui ».

En face des deux scènes principales, sur un petit banc, ils sont trois ou quatre à tenter de se protéger tant bien que mal du soleil de plomb. Cigarette à la bouche, Olivier, Nicolas et Jean-Marie s’occupent de la grande zone de tri du festival, montrée pour la première fois au grand jour aux festivaliers. Sur des bennes, écrit sur des grandes feuilles blanches scotchées maladroitement, « papier », « verre » etc… Ils sont salariés de l’entreprise Tri 37 qui promeut le tri sélectif dans la région. Ils sont un des partenaires de ce fameux éco-challenge. Samedi, les seuls festivaliers venus à leur rencontre étaient « ceux qui cherchaient les chiottes (sic), parce que c’est juste à côté. Même nous on a eu du mal à télécharger l’application. Donc c’est normal que les festivaliers ne se soient pas sentis concernés. »

L’application en question a été mise en place par CiviTime. Cette société propose des challenges autours de l’éco-responsabilité en entreprise. TDS et eux ont donc imaginé ce même genre de challenge, mais cette fois autour du festival. En tout cas, à chaque fois qu’un festivalier entendait parler de ce challenge, sa réaction était en deux temps : « Oh, j’ai la flemme de faire ça… Mais c’est vrai que ça vaut le coup vu la récompense ! Peut-être que je le ferai l’année prochaine. »

Le grand gagnant de cette année a donc eu le nez fin en y participant dès la première édition… Il y a fort à parier que les prochaines fois, le concours sera plus ardu… et la prairie d’autant plus verte !