Tours Agglo

Tours Métropole attendait 10 millions d’€ de l’Etat, elle en a eu 2,5

Et le président de l’agglo s’agace.

Le ton est posé et poli mais Philippe Briand ne cache pas que ses relations sont tendues avec l’Etat qui ne tient pas ses promesses... Ou pas assez vite. Lors d’un conseil métropolitain ce vendredi soir, le président LR de l’agglomération a fait un point sur sa situation financière, et en résumé : c’est compliqué.

On rappelle que depuis cette année, les grandes collectivités locales doivent passer un contrat avec l’Etat pour que leurs dépenses publiques augmentent au maximum d’1,2%... Cela concerne la ville de Tours et donc, aussi, Tours Métropole. Selon Philippe Briand, cet objectif financier destiné à économiser l’argent public est très difficilement tenable, en particulier en raison de la transformation récente de l’agglomération en métropole qui entraîne pas mal de nouveaux coûts avec la gestion de nouvelles compétences comme l’eau ou la voirie.

« Cette mesure a été prise dans la précipitation » a estimé le président de la métropole qui juge que l’Etat n’est pas assez souple. Il a alerté le député de Tours Philippe Chalumeau (membre de la majorité gouvernementale) et devrait pouvoir faire entendre ses arguments lors d’un rendez-vous avec le premier ministre Edouard Philippe au mois de juillet, une réunion qui se fera également avec le maire de Tours Christophe Bouchet.

« Je ne suis pas forcément pour la dépense publique mais on en a aussi besoin pour se structurer » note Philippe Briand qui suspend l’application de mesures sur le logement ou la rénovation énergétique des bâtiments publics parce qu’elles ne permettent pas, selon lui, de tenir les objectifs fixés par Paris : « il y a quelques recettes mais elles ne comptent pas en réduction des dépenses. » Il regrette en prime de ne pas pouvoir embaucher de cadres en plus à cause de ces contraintes... d'autant plus qu'on le menace d'une amende de 180 000€ pour ne pas avoir assez de cadres féminins.

« Je ne veux pas polémiquer mais il va falloir que l’on soit entendu car cela devient insupportable » a encore estimé l’élu évoquant la possibilité de faire comme un ancien président du département : « je n’exclue pas de me mettre en grève de l’exécutif, on verra comment la préfète gère la boutique. »

Ce qui l’agace en fait c’est qu’en plus de demander des efforts financiers, l’Etat semble tarder à verser les millions d’euros d’aide promis lors de la création de la métropole, et qui avaient été un gros argument en faveur de ce projet lors de sa préparation (on avait parlé de 7, 8 voire 10 millions). Près de 15 mois après la naissance effective de la nouvelle collectivité, où en est-on ? « Pour l’instant ce n’est pas 10 millions mais 2,5 millions » a annoncé Philippe Briand estimant qu’actuellement « la parole de l’Etat n’est pas totalement souscrite. »