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A Rochecorbon, l’épicerie du village c’est un concept complètement 2018

Label Echoppe fait du bio, du local, du vrac, du café et des soupes dans la joie et la bonne humeur.

« Ici c’est un lieu de vie, on ne se contente pas de vendre des produits » nous dit Olivier alors qu’on a à peine passé la porte depuis 5 minutes. Ouverte depuis 3 mois, et employant deux personnes (le fameux Olivier + Carine, à l’initiative du projet) Label Echoppe de Rochecorbon n’est pas une épicerie comme les autres. Enfin, ça dépend ce que l’on entend par épicerie. Disons que ce n’est pas la petite boutique avec des Prince, des Pringles, de la bière bon marché et du beurre Président. En revanche, c’est sans doute l’épicerie qu’ont connu les habitués des années 60-70, un lieu un peu hors du temps où l’on peut à la fois acheter son fromage, son savon, sa « ficelle » de rouge de Loire, un balai, des patates et de l’huile… Tout ça en prenant un café ou un jus de pomme à 1€, voire une soupe ou un casse croûte baguette-comté.

Dans les locaux de l’ancienne Poste de Rochecorbon

Ayant nécessité 5 semaines de travaux à l’automne 2017, le petit commerce de la Place du 8 mai 1945 est aménagé comme s’il existait depuis des décennies. Autour du bar avec Carine et Olivier, habitués, associés ou gens de passage semblent s’y sentir comme chez eux : ça discute, ça rigole, ça grignote. Avant ici, c’était La Poste. Au bout de 130 ans de présence, elle a quitté les lieux, comme dans beaucoup d’autres endroits. « Mais le relais poste du bar-tabac est ouvert plus longtemps du coup tout le monde semble y trouver son compte » glisse Carine, optimiste.

Carine, c’est cette mère de famille souriante et active qui a eu l’idée de Label Echoppe. Après avoir travaillé auprès des enfants ou dans la communication, consciente « de l’urgence écologique », elle a eu envie « entre guillemets d’éduquer au bien vivre et au bien manger. » Elle en a parlé aux copains, et au final ils sont une douzaine à s’être associés dans une société coopérative, une SCIC. Dans le groupe il y a un élagueur, 1 graphiste, 1 directeur administratif d’une institution culturelle, une salariée du Conseil Départemental, 1 ferronnier… « quasi tous du village. »

Des fruits et légumes tourangeaux à prix raisonnables

« On aime les grandes tablées et s’échanger les bons plans sur ce que l’on mange » résume Carine en parlant de cette équipe. De là est venue l’envie de remplir les rayonnages avec des produits locaux et bio, ou en tout cas en agriculture raisonnée. Pas toujours facile à trouver semble-t-il alors certains produits viennent d’un peu plus loin (les citrons d’Italie, les oranges d’Espagne) mais le savon pour nettoyer débarque de la Sarthe, le rouge du Loir-et-Cher, les fruits et légumes de Noizay, St Genouph, Fondettes, La-Croix-en-Touraine ou Chouzay.

« Ici c’est l’épicerie du village, pas une épicerie fine » précise Olivier. Carine complète : « on fait volontairement une petite marge sur les fruits et légumes », avec l’objectif d’attirer les clients par ce biais là. Les citrons sont à 3€90 le kilo, les œufs à 1€60 les 6 (et tant que vous y êtes pensez à goûter l’huile de noisette).

Si Rochecorbon compte déjà une épicerie en bord de Loire, ainsi qu’un boucher et un boulanger à 50m du magasin, le marché bio n’y a pas survécu, « c’était sans doute trop cher… » Désormais, du mardi au samedi, les familles ont un petit commerce à la sortie de l’école pour le côté, avec une seule table de 4 mais un comptoir pour prendre du bon temps.

Des projets avec les élèves de l’école voisine

Au moment de servir une collation ou un verre, Carine et Olivier prennent directement dans les rayons, « et on a un extracteur de jus pour garder toutes les vitamines des fruits. » A noter aussi : « le dimanche matin c’est le jour des huîtres », en attendant peut-être les galettes-saucisses le samedi. Et puis des animations sont aussi en projet, par exemple des lectures parce qu’il y a une conteuse parmi l’équipe de lancement de Label Echoppe. « On pense par ailleurs à des concerts, des ateliers avec les producteurs… » explique Carine qui espère bien profiter de la Place de la Mairie et envisage de travailler avec ses voisins commerçants ou les associations de Rochecorbon.

Pour réussir tout cela, il faut des sous, une collecte a donc été lancée via le site Make in Loire Valley afin de financer deux barnums et l’équivalent d’une année d’événements, soit environ 6 000€. Parmi les autres projets : des interventions dans les classes de l’école de CM2 qui ont justement un programme sur les produits locaux, « et on espère essaimer » note Carine qui verrait bien d’autres concepts similaires fleurir dans le département, elle-même s’étant inspirée de la réussite du Court Circuit de Tours ou du lancement de l’épicerie zéro déchets Sur La Branche.

Olivier Collet