Tours Agglo

« Il n’y a pas trop de centres commerciaux à Tours »

C’est le directeur des Atlantes de St-Pierre-des-Corps qui le dit, il prévoit d’ailleurs d’agrandir le site.

Avec presque 5,7 millions de visiteurs par an, le centre commercial des Atlantes de St-Pierre-des-Corps est un mastodonte à l’échelle de la région Centre-Val de Loire. Avec 900 salariés et 70 boutiques, c’est un pôle économique incontestable mais aussi une tête de pont attaquée de toutes parts par l’émergence de nouvelles surfaces commerciales (Ma Petite Madelaine à Chambray, ou le futur Leclerc du sud de Joué-lès-Tours). Face à une part de marché qui est amenée à se réduire, comment garder une bonne image auprès des clients et ne pas tomber en désuétude comme d’autres sites (cf. La Riche Soleil) ?

Arrivé depuis un an dans les bureaux des Atlantes, Loic Lamouller le dirige en partageant son temps avec un autre complexe du Val d’Oise, au nord de la région parisienne, également sous le pavillon du groupe Eurocommercial. Les Atlantes, il voit ça comme « un point de rencontres, une mini-ville au sein d’une autre ville ». Malgré la présence d’un hypermarché et d’enseignes fédératrices (Toys’R Us, Burger King, Pandora…), la fréquentation stagne : « beaucoup de choses ont changé, maintenant on a un centre commercial dans la poche avec les téléphones » explique le directeur qui se félicite tout de même que la moyenne d’âge des clients reste stable, à 37 ans, « contre 48 pour mon autre centre. »

« Offrir aux habitants les enseignes des grandes villes »

Pour autant, Loic Lamouller le reconnait, aux Atlantes « ça manque de certains concepts qui répondent aux attentes des jeunes consommateurs. Il y a encore des créneaux sur lesquels Tours n’est pas présente sur l’offre textile ou certains concepts de restauration… Il faut offrir aux habitants ce qu’ils peuvent retrouver dans une grande ville », en restant populaire. Pour cela, Eurocommercial travaille à une extension du centre sur sa partie Est, près d’Orchestra. Actuellement, c’est un terrain vague de 20 000m², mais bientôt, un nouveau bâtiment sortira de terre : « nous avons récemment retravaillé notre projet. Ce ne sera pas de la démesure, on y proposera des choses novatrices pour remettre les Atlantes au goût du jour. »

Propriétaire du terrain, la société commerciale note que pour l’instant « aucun permis n’est déposé, on est encore dans la phase d’études. » En clair, le satellite des Atlantes pourrait voir le jour d’ici 3 à 5 ans, alors qu’il avait à l’origine été pensé pour 2020. Les investissements seront conséquents, supérieurs à 10 millions d’euros. Pour le reste, « on ne touchera pas fondamentalement à notre bâtiment actuel » poursuit Loic Lamouller qui estime que les travaux faits en 2011-2012 avec la rénovation et une thématisation autour du patrimoine ligérien ont permis à la galerie de « bien vieillir. »

De nouvelles enseignes d’ici la rentrée

Le développement à venir des Atlantes peut-il faire mal au centre-ville de Tours ? A écouter EELV en Touraine, oui. Le parti s’est récemment positionné « contre les extensions et créations d’hyper et supermarchés dans la périphérie des villes » demandant un moratoire local pour éviter de futurs projets immobiliers car « ils participent à la lente agonie du commerce de proximité qui permet de faire ses courses à pied ou à vélo et à la désertification des centres villes et des centres bourgs. Ils contribuent à augmenter l’artificialisation des sols et condamnent des zones agricoles ».

Loic Lamouller

Aux Atlantes, Loic Lamouller a une toute autre opinion : « il n’y a pas plus de centres commerciaux ici qu’ailleurs et il y a encore de la place à Tours pour de beaux projets. Des enseignes et concepts ne sont pas présents et il faut répondre à la demande des consommateurs mais ce sont des offres qui n’entrent pas en concurrence avec le centre-ville » note-t-il.

Plus d’animations pendant les vacances

Mais avant de s’agrandir, le centre commercial de St-Pierre-des-Corps a un chantier plus urgent : le remplissage de ses espaces vides. En quelques semaines, H&M et La Poste sont partis. On a entendu dire que c’était en rapport avec le loyer. Loic Lamouller dément : « le magasin H&M était rentable et intéressant mais trop petit et il n’était pas possible d’y mettre de rayon homme et enfant c’est la seule explication. »

Pour La Poste, là aussi c’est une histoire de stratégie : « La Poste des Atlantes a vu sa fréquentation diminuer de 30% entre 2012 et 2016 » nous explique l’entreprise qui a remplacé ce bureau par un point relais au Netto de la Rue Marcel Cachin, conservant deux points de contact dans la commune, mais un de moins dans un de ses grands lieux de vie, à proximité de nombreuses entreprises : « ils ne nous ont même pas laissé une boîte aux lettres », déplore le directeur des Atlantes.

Plus de journées promos événementielles ?

Pour remplacer ces départs, et celui de La Halle aux Chaussures à l’extérieur, Loic Lamouller annonce « des discussions en cours » avec des enseignes, en refusant d’en dire plus. Ces dernières pourraient aboutir « dans les 6 mois ». A défaut d’avoir la 2ème ligne de tram près de ses commerces – ce qu’il déplore – le directeur est par ailleurs attentif aux travaux annoncés par la métropole sur l’Avenue Jacques Duclos qui permet d’accéder au parking : « ils sont en retard et attendus, mais nous espérons qu’ils ne se feront pas pendant la période de fin d’année. »

En attendant, Eurocommercial est en train de revoir sa stratégie de communication et d’animations. Dès le début des vacances de février, une sorte de « mission espion » sera proposée aux familles, il faudra passer sous des lasers sans les déclencher pour espérer gagner des cartes cadeau. D’autres événements sont prévus pour Pâques et la Toussaint. De quoi encore tenter de fidéliser une clientèle volage ce qui pourrait aussi passer par des initiatives pour les possesseurs de smartphones ou des journées de promotions événementielles type Black Friday : « il faut que les choses aillent plus vite et plus fort » estime Loic Lamouller.

Olivier Collet