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Découvrez l’hypermarché que Joué-lès-Tours attend depuis 1990

Le Leclerc de Joué-Sud doit ouvrir au printemps 2019.

St-Pierre-des-Corps a son hypermarché Carrefour ; Tours, St-Cyr-sur-Loire et Chambray-lès-Tours ont toutes un Auchan ; Fondettes aura bientôt son Leclerc ; La Riche a son Géant (même s’il est moribond)… Mais pour l’instant, Joué-lès-Tours n’a pas d’hypermarché. Vu la liste à la Prévert ci-dessus, on pourrait se dire que ce n’est pas nécessaire, qu’il y a déjà largement ce qu’il faut dans la métropole. Et pourtant, depuis 1990, la deuxième ville du département rêve aussi de son grand centre commercial. « Depuis que je suis petit on en entend parler et le sujet revient souvent dans les réunions de quartier » explique le maire Frédéric Augis.

Les impatients vont être satisfaits : au printemps 2019 ils pourront aller faire leurs courses dans leur ville, au sein d’un Leclerc flambant neuf qui va s’installer au sud de la commune. Budget affiché : 40 millions d’euros.

Ce projet, il est porté par Gervais Marchand. Son idée : déménager l’actuel Leclerc situé à l’angle de la Nationale 10 et du Boulevard de Chinon pour tripler sa superficie. L’entrepreneur a obtenu l’accord de l’agglomération depuis 2006… Mais les recours d’associations et de concurrents ont été nombreux, et ils ont réussi à faire traîner le dossier pendant une décennie. Désormais, ils sont tous épuisés et les travaux ont commencé à hauteur de la Route de Monts, au cœur d’une zone d’activités où travaillent un millier de personnes (La Liodière). Pour l’instant, on en est au terrassement en attendant les fondations début 2018.

Voici ce qui est prévu :

  • Un hypermarché de 6 000m²
  • 3 000m² de galerie marchande avec une vingtaine de boutiques dont une parapharmacie
  • A l’extérieur, 5 moyennes surface pour un total de 5 000m²
  • Un centre auto
  • Un fast food
  • Un magasin de bricolage de 6 000m²
  • Une station service
  • 1 300 places de parking dont 650 semi-enterrées sous le magasin
  • Une douzaine de prises pour recharger des véhicules électriques

Niveau architecture, il y aura un grand toit vitré pour laisser entrer un maximum de lumière : « parfois on aura même pas besoin d’éclairage artificiel » affirme Gervais Marchand qui prévoit aussi d’équiper tout ses rayons frais de portes (plus écologiques et bientôt obligatoires). Concrètement, ça va ressembler à ça :

Crédits des illustrations : Brunerie et Irissou Architectes

Au total, on aura un complexe de 20 000m². A part l’arrivée de Leclerc, on ne connait pas le nom des autres enseignes et il n’y aura pas de drive. Le chef d’entreprise, propriétaire de l’ensemble du terrain et uniquement implanté à Joué, va donc passer dans la catégorie supérieure : aujourd’hui, son Leclerc des années 70 situé au pied des immeubles ne fait « que » 2 300m²…

Près de 300 nouvelles créations d’emplois annoncées

Pourquoi voir si grand alors que le modèle des grandes surfaces semble s’essouffler en France ? « Aujourd’hui sur Joué, il n’y a pas de centre commercial pour concurrencer Chambray. Il n’y a pas de magasin de bricolage, pas de bio à proprement parler. Et puis cela va nous permettre de toucher toute la Vallée de l’Indre » explique Gervais Marchand, soit un bassin de population total de presque 100 000 personnes.

Pour ce futur géant commercial, l’entrepreneur projette d’emmener les 80 salariés de son Leclerc du Boulevard de Chinon et de créer une centaine de postes supplémentaires. Une centaine d’emplois pourraient aussi voir le jour dans les enseignes voisines. Quant au vieux magasin, « des négociations sont en cours » pour son rachat par une autre marque de la grande distribution, ce qui pourrait permettre de créer 80 emplois. Tout compris, on peut donc tabler sur presque 300 nouveaux recrutements.

Une ligne de bus vers la future zone commerciale ?

Alors que des commentaires sceptiques se font encore entendre sur la pertinence de ce chantier, le maire de Joué-lès-Tours le défend… tout en reconnaissant que si le dossier était élaboré aujourd’hui, il n’obtiendrait pas forcément la validation des instances administratives. « C’est un beau projet, ça a de la gueule et ça va apporter une dynamique » parie Frédéric Augis.

« La zone de Chambray est saturée, on va éviter des déplacements urbains avec ce centre commercial » : voilà encore un argument entendu au moment de la présentation des plans du futur Leclerc. Néanmoins, il faudra régler un souci : celui de la desserte de ce futur pôle commercial par les transports en commun. L’élu affirme qu’il y pense, et qu’une ligne est envisageable pour 2019. De quoi éviter d’avoir le même problème que Ma Petite Madelaine à Chambray : presque deux ans d’existence et toujours pas le moindre arrêt de bus.

Olivier Collet

Et le petit commerce ?

Ce projet de futur Leclerc pose une ultime question : est-il un danger de plus pour le centre-ville de Joué qui peine à attirer et à fidéliser les clients ? « Je crois en la complémentarité des choses » explique Frédéric Augis qui a acheté plusieurs locaux commerciaux avec l’argent de la ville pour les louer et ainsi lancer de nouveaux concepts de boutiques : « le petit commerce ne se porte pas bien, la municipalité ne s’était pas occupée d’eux. Là, on est en train de remonter mais je ne dis pas que c’est facile. » Sa politique : « on est sur des niches vers lesquelles les centres commerciaux n’ont pas envie d’aller. »