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Une 20ème édition enflammée pour les Années Joué

Le festival d’art de rue a choisi son thème : l’amour. Ca tombe bien, on a un coup de foudre pour la programmation.

Les dates sont déjà cochées dans l’agenda depuis un bon moment : le 1er week-end de juin, le parc de la Rabière de Joué-lès-Tours devient le terrain de jeu des artistes de rue, il se transforme en village festif et gastronomique le temps de trois journées, le temps des Années Joué. C’est la troisième fois que le festival prend ses quartiers sous les arbres et au pied des grands immeubles de la Rabière. Le changement de lieu a fait ses preuves. Quant à l’événement en lui-même, « 1er festival d’art de rue de la région Centre-Val de Loire et situé dans le top 10 français » selon l’adjointe au maire en charge de la culture Sandrine Fouquet, sa réputation n’est plus à faire (il va d’ailleurs faire sa com’ dans les régions voisines cette année pour agrandir encore son cercle de fans).

Pour cette nouvelle édition, la 20ème, deux ans de travail ont été nécessaire afin d’établir la programmation la plus prestigieuse possible. Internationale, pluridisciplinaire, chaleureuse et ambitieuse, elle réunira 40 compagnies pour une centaine de spectacles du 2 au 4 juin. Plusieurs de ces représentations seront d’ailleurs spécialement adaptées à Joué-lès-Tours, via un travail de co-construction avec les habitants : « c’est important que les Jocondiens soient aussi acteurs du festival, qu’ils puissent participer et se l’approprier » précise Sandrine Fouquet. Au début du printemps, on avait notamment assisté à un atelier de création avec des jeunes et la compagnie Les Commandos Percu dont la prestation du samedi soir promet d’être un grand temps fort.

D’une manière général, ces Années Joué 2017 s’annoncent sous le signe de la « déclaration de flamme », dans tous les sens du terme. L’amour, comme le feu. « C’est un festival de feu sacré des artistes » commente par exemple celui qui en est le directeur, Olivier Catin, convaincu « que la société va mieux quand elle laisse la place à la création artistique. » A ce niveau-là, on sera donc servi : théâtre, cirque, danse, musique, marionnettes, acrobaties, pyrotechnie… En tête d’affiche, Générik Vapeur (Marseille) distribuera, pour sa première en Touraine, des lettres d’amour dans les airs, avec un timbre spécialement créé pour l’occasion. Des déclaration d’amour enflammées et explosives suivront dans une création pour la ville de Joué-lès-Tours, elle aussi élaborée en partie avec des habitants : « il faut que ça pète dans la joie et la bonne humeur » nous disent les artistes.

De la joie, KaRNaVIrES devrait aussi en apporter avec ses marionnettes mécaniques en déambulation le vendredi soir avec des parades d’amour et de pouvoir et même la célèbre danse de la pluie. On croisera aussi des Espagnols avec un spectacle autour des migrations, des athlètes jurassiens à moustache proposeront un show mêlant gymnastique et… patriotisme, l’excellente compagnie Thé à la Rue (déjà vue et appréciée à Chalon-sur-Saône) mettra Joué-lès-Tours en vente dans un spectacle hilarant, La Salamandre, venue du Doubs, assurera un Péplum pyrotechnique… On nous promet même un spectacle satirique autour des scandales financiers.

Clairement, impossible de tout citer, mais on notera tout de même l’importante représentativité de ceux qu’Olivier Catin appelle « la famille et les amis » ou « les cousins », c’est-à-dire les artistes régionaux (Cie Le Muscle avec son Mister Festival présent sur l’affiche, 100 Issues, L’Escale, Les Fousfeurieux (pour le jeune public)… 13 compagnies feront partie du Tremplin des Créations, une sélection de nouvelles créations présentées pour la première fois, scrutée par un jury avec – pour le lauréat – la promesse d’un achat du spectacle pour une prochaine édition. Bref, la promesse de surprises et de grand saut dans l’inconnu (mais souvent le public aime ça et y va de bon cœur).

« Les arts de la rue ont su se rapprocher des publics les plus éloignés des actions culturelles » explique Olivier Catin quand il regarde dans le rétroviseur après 20 ans passé dans le staff de ce festival qui est, faut-il encore le rappeler, 100% gratuit. « Il est ancré sur le territoire. L’art de la rue c’est comme le feu : le lendemain il n’y a rien mais qu’est-ce que c’est intense au moment où ça se passe » résume le maire jocondien Frédéric Augis. Cette intensité c’est autour de 30 000 spectateurs, 140 agents municipaux mobilisés, 350 000€ de budget et de grands sourires garantis. Vous pourrez d’ailleurs tenter d’imiter celui de la Joconde et voir ensuite votre photo sur un t-shirt (l’objectif est d’en faire 500). Quand l’art d’hier rencontre les projets d’aujourd’hui, tout est permis !

Olivier COLLET

Pour en savoir plus : le site du festival, bien sûr.

PS : suite à la forte demande, cette année, le public pourra acheter son chapeau personnalisé Les Années Joué. Ou son yo-yo. Ou son gobelet réutilisable (le côté développement durable). Le festival débutera le vendredi vers 18h30 pour s'achever le dmanche en fin de journée. L'idéal est de venir en tram (arrêt Rotière) mais des navettes bus sont aussi mises en place depuis le stade Albaladejo.

NB : Sur la photo, c'est le directeur Olivier Catin, en mode Joconde.