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A St-Pierre-des-Corps, un bus rapide ou un tramway ?

La ville réfléchit à l’avenir de son réseau de transport et émet plusieurs hypothèses pour l’améliorer rapidement.

Ce mardi soir, le conseil municipal de St-Pierre-des-Corps (présidé par Marie-France Beaufils du PCF) a fait la même chose que celui de La Riche la semaine dernière : il s’est penché sur l’avenir des transports en commun dans la métropole de Tours à l’horizon 2020 puis 2050. En présence de Frédéric Augis, le vice-président en charge des mobilités, il a découvert les projets de l’agglomération à moyen et long terme, avec naturellement un regard avisé pour son propre territoire.

4 ans après l’inauguration de la première ligne de tram de Tours (60 000 voyageurs par jour), on ne cesse de parler de l’inauguration de la deuxième ligne. Prévue à l’horizon 2024 au mieux, elle est envisagée de l’hôpital Bretonneau de Tours au CHU Trousseau de Chamnbray-lès-Tours, via un parcours qui reste encore à définir (quartier des casernes, quartier des Fontaines, lycée Grandmont...). Exit donc dans un premier temps la construction de rails sur St-Pierre-des-Corps alors que de nombreuses voix s’élèvent dans la commune pour voir des rames irriguer ses rues. D'ailleurs, les élus ont adopté un voeu validant le concept de lien entre les deux hôpitaux MAIS en passant par St-Pierre-des-Corps via la Rabaterie, les Atlantes, les Fontaines. Un grand trajet qui ne fait pas partie des prévisions de Tours Métropole, après l'étude de 62 possibilités.

Ce 25 avril, à écouter les débats et malgré la déception, cette décision d'abandoner une grande ligne est-ouest au profit d'un tracé ouest-sud semblait intégrée de la part des élus corpopétrussiens qui réfléchissent plutôt désormais à la meilleure façon de renforcer rapidement leur réseau de transport en attendant le tram désiré, avec l'ambition de mieux desservir la gare dès que possible et de plus désenclaver le quartier prioritaire de la Rabaterie. Une volonté à concrétiser dans les prochaines années, et pas à l’horizon 2030 quand les crédits seront (potentiellement) disponibles pour une 3ème lgne de tram.

Ainsi, au cours de la réunion, on a beaucoup entendu parler de BHNS, le Bus à Haut Niveau de Service, un bus semblable à la ligne 2 Tempo du réseau Fil Bleu qui passe très régulièrement (toutes les 7 à 10 minutes) avec des voies de circulation réservées. Et d’ailleurs, certaines rues de St-Pierre-des-Corps sont déjà presque prêtes pour ça.

Autre avantage : 1km de BHNS coûte autour de 5 millions d’euros d’aménagements quand un tram c’est au moins 15 millions voire jusqu’à 29 millions d’euros pour la ligne tourangelle (centre de maintenance compris). « La métropole devra absorber le coût de cette deuxième ligne avec son budget général il faut donc trouver le meilleur faisceau » a bien précisé Frédéric Augis, alors que les emprunts de la première ligne sont toujours en cours. Donc avant de faire un tram, les élus regardent le nombre potentiel de voyageurs. Le minimum c’est 30 000 par jour, seuil qui permet de rendre la ligne rentable et d’éviter des recours retardant le chantier selon l’élu. « Il ne faudrait pas que l’on attende 20 ans comme l’A28 et l’A85. »

« Nous voulons organiser un débat sur les attentes des communes. Quand vous étudiez une ligne, vous étudiez le potentiel de voyageurs mais aussi les projets urbanistiques, les nouveaux quartiers, les zones industrielles, les pôles de vie... On a pour l’instant vu l’aspect technique mais il y a aussi l’aspect politique et humain.. » Et Frédéric Augis de justifier ce plan de réflexion : « quand l’Europe débloquera des fonds, on sera bien content que la métropole ait anticipé une deuxième ligne voire une troisième ou une quatrième. Ce n’est pas du rêve, c’est anticiper des besoins. »

Selon plusieurs élus de St-Pierre-des-Corps, les besoins sont urgents, d’où cette hypothèse de BHNS qui semble séduisante, afin  d’améliorer par exemple l’actuelle ligne 5 qui passe déjà toutes les dix minutes et pourrait donc être plus qualitiative ou réadaptée. On évoque aussi la question d’un transport rapide (tram ?) reliant Tours à St-Pierre-des-Corps via la (pourtant bien étroite) Rue Edouard Vaillant puis qui passerait sous l’autoroute : « si on rouvrait cet endroit proche de l’autoroute ? » interroge Frédéric Augis. Et il pense à une association d’aide au retour à l’emploi de la Rue Jolivet située dans ce quartier de Tours et qui mériterait d’après lui d’être bien desservie. Les services réflechissent à cette hypothèse.

« On voit qu’aujourd’hui la desserte de la Rabaterie ou d’autres points sont bien pris au sérieux » ont noté Jean-Marc Pichon et Ouassila Soum. Jean-Marc Pichon s’est tout de même interrogé sur les qualités réelles du bus rapide dit à haut niveau de service (qui peut transport jusqu’à 120 voire 150 voyageurs simultanés) : « a-t-il un impact sur la baisse du trafic autoimobile ? Est-ce qu’il garantit la même rapidité qu’un tram ? Le même confort ? La même régularité ? » Ouasila Soum s’est elle étonnée de voir que rien n’était vraiment prévu pour desservir le centre commercial des Atlantes, pourtant pôle attractif de la ville. Le bon scénario reste donc complétement à établir pour une éventuelle ligne de BHNS à environ 20 000 voyageurs par jour à une vitesse moyenne de 25km/h.

Un bus, lot de consolation avant le tram, même si rien n’est décidé et que des inconvénients sont soulevés comme le fait que le bus peut être perçu comme moins sécurisant qu’un tram et qu’il transforme moins le paysage à l’inverse d’un tram conçu comme monument urbain ? Pourquoi pas tout de même, donc, d’autant que comme le rappelle Frédéric Augis « le tram ne pourra pas passer partout » ce qui ne l’empêche pas de rêver à un grand réseau de tramway à terme, inspiré de celui de Montpellier avec plusieurs lignes qui se croisent au centre de la ville.

Forcément, St-Pierre-des-Corps en ferait alors partie mais dans un futur assez lointain, donc un bus mis en place en préambule serait une certaine alternative. Un plan en deux temps, en somme. Convaincra-t-il une population impatiente ? Peut-être. Mais d’autres doléances sont aussi sur la table comme le fameux dossier de la navette entre les gares de Tours et St-Pierre qui pour le coup est encore moins avancé que le développement du transport en ville.

Olivier COLLET