St-Pierre-des-Corps

4,5 jours d'école à St-Pierre-des-Corps : "déni de démocratie" pour certains parents

La décision de la mairie a du mal à passer.

Comme nous vous le disions mardi, St-Pierre-des-Corps fait le même chemin que Chambray, St Genouph ou St-Etienne-de-Chigny : à la rentrée, elle conserve la semaine de 4 jours et demi dans ses écoles conformément à la réforme mise en place sous François Hollande. Et même si une écrasante majorité des communes françaises et tourangelles font le choix inverse (abandon des cours le mercredi), Tours en tête, la mairie assume : "c’est bien l’intérêt de l’enfant qui a primé" dit son communiqué, et l'élu en charge de l'éducation Jean-Marc Pichon confirme : "nous pensons que c’est mieux, plus adapté aux profils des élèves, par exemple dans les activités il y a un certain nombre de choses auxquelles ils n’auraient pas accès sans ce type d’ateliers comme du sport ou du bricolage."

Signe que la question des rythmes scolaires est TRES sensible et qu'elle déchaîne les passions, les réactions n'ont pas tardé. La première dans notre boîte mail quelques heures après la publication de l'article : "nous n’accepterons pas ce passage en force de la municipalité de Saint-Pierre-des-Corps et de ceux sui l'appuient soit directement soit indirectement et apportons notre soutien et notre aide pour faire aboutir la revendication aux enseignants" explique ainsi le syndicat SNUDI-FO s'appuyant notamment sur le fait que 10 conseils d'écoles sur 12 ont refusé le statu quo et demandé une semaine de 4 jours.

Le SNUDI-FO contre aussi un argument de Jean-Marc Pichon disant que les 4,5 jours sont plus souvent demandés en zone d'éducation prioritaire en prenant exemple sur le fait qu'une large partie des communes franciliennes (où il y a plus de REP) abandonnent les 4,5 jours, idem pour Tours et Joué qui ont aussi des classes en REP.

Un sujet "complexe, tendu"

D'autres commentaires - tous en off signe que le sujet est sujet à crispations - sont venus compléter celui-ci, faisant par exemple remarquer que des parents désapprouvaient les 4,5 jours au point de ne pas emmener les enfants en classe le mercredi matin lorsqu'ils étaient trop fatigués pour cela. 2 mamans avec qui nous avons échangé dénoncent aussi les disparités entre les communes de la métropole qui pourraient empêcher certains enfants ayant par exemple des activités à Tours de s'y rendre le mercredi. Du côté des enseignants, on fait remarquer que les formations seront de nouveau placées le mercredi, handicapant les profs ayant cours ces jours-là, "et certains vont partir pour une commune où les rythmes correspondent à ceux de leurs enfants également."

Non respect de l'avis des parents ?

"Quand on a 10 écoles sur 12 qui demandent à faire marche arrière on ne peut pas être sourd aux demandes de la population" nous fait-on encore remarquer. "Les avis sont assez partagés sur les intentions de la mairie : a-t-elle vraiment pris le temps d'écouter tout le monde ?" questionne par ailleurs une maman. "Ce qui ressort aujourd'hui du mécontentement des parents favorables au retour des 4 jours est que la mairie n’a pas tenu compte du point de vue de ces derniers, ni d'une grande partie des enseignants."

Ce qui est sûr, c'est que le débat est clivant, "tendu, complexe, pas tout noir ou tout blanc" entre parents et professeurs que les 4 jours de classe arrange, ceux qui de bonne foi sont convaincus que c'est mieux pour les enfants et ceux qui défendent les 4,5 jours sous prétexte que 5 matinées de cours permettent un meilleur apprentissage. Dans tous les cas, moins de 5 ans pour prendre une décision définitive sur le sujet semble court, les études ne permettant pas un recul réel d'autant que d'autres facteurs entrent aussi en compte comme l'heure de coucher des enfants. Définitivement, la solution idéale ne semble pas exister. Du moins pas sans créer de frustrations.

Olivier Collet