Portraits

Êtes-vous prêts pour les barres énergétiques au lait de chèvre ?

C’est la dernière création d’un entrepreneur récemment installé en Sud-Touraine.

En Indre-et-Loire, les chèvres, ça nous connait. Le Ste-Maure est une institution, la Couronne Lochoise aussi, et ce ne sont que 2 exemples. « Mais seul 50% du volume produit autour de Ste-Maure-de-Touraine est transformé en Ste-Maure » explique Sébastien Duboc qui vient de s’installer dans le coin avec une idée : utiliser du lait de chèvre dans des barres de céréales, des biscuits et des boissons lactées que l’on n’a pas besoin de conserver au frais. Présenté au Salon de l’Agriculture 2018, son concept baptisé So Chèvre joue la carte fun et diététique pour convaincre les sportifs et autres gourmands de se faire des en-cas caprins.

Un passionné de chèvres

L’idée s’affine depuis un peu moins d’un an… Originaire du Rhône ou sa maman et ses frères ont une exploitation agricole avec des vaches dans le but de faire du fromage, Sébastien Duboc a vu sa route tracée vers une carrière proche de ce monde-là. Son CV est assez fourni : diplômé en ingénierie agricole à Beauvais, le jeune homme de 32 ans a travaillé dans une entreprise spécialisée dans les équipements de traite, dans un groupe spécialisé dans la nutrition animale, il a fait des voyages au Canada et en Pologne et a rejoint une exploitation d’Eure-et-Loir en 2013 pour y faire de fromage de chèvre avant de devenir commercial.

Se disant désireux de revenir vers la filière caprine, « passionné » par les chèvres, le trentenaire avait envie de lui offrir de nouveaux débouchés innovants plutôt que de gérer un troupeau : « la filière tourne autour du fromage mais le produit n’est pas toujours exploité à sa juste valeur. J’ai envie de me démarquer, toucher des canaux qui n’ont pas l’habitude de voir du lait de chèvre alors qu’il a des qualités nutritionnelles pour des personnes qui ont une intolérance au lait de vache par exemple. »

Une unité de production dans une ancienne laiterie

Partant du principe que la mode du snacking est de manger des en-cas sains plutôt que des friandises bien grasses, Sébastien Duboc a donc voulu s’engager dans cette tendance en y apportant ses recettes au lait de chèvre et avec l’ambition de « structurer une filière locale. » L’entrepreneur s’est donc intéressé à la Touraine, pour sa géographie et son histoire avec la filière caprine, et a investi l’ancienne laiterie de Parçay-sur-Vienne avec l’appui de la communauté de communes du Val de Vienne afin de remettre à neuf ce local de 300m². » Son idée finale d’ici 2-3 ans : y fabriquer ses produits à partir de lait d’éleveurs régionaux (pour l’instant ils sont faits « en région Centre-Val de Loire », sans plus de précisions).

Photo d'époque de la laiterie de Parçay-sur-Vienne.

Lauréat du réseau Entreprendre, aidé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Touraine, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat d’Indre-et-Loire et impliqué dans le réseau Food Val de Loire (chez nos voisins du 41), le fondateur de So Chèvre est sur le point de commercialiser fin avril ses 2 premières recettes, des barres énergétiques avec 27 à 29% de lait (déshydraté) de chèvre dedans, l’ingrédient principal ne venant pas encore de la région aujourd’hui mais du Poitou. Les biscuits et les boissons suivront « d’ici un an. »

Une aventure familiale

« J’ai démarré les tests dans ma cuisine et j’ai fait plusieurs kilos d’échantillons. L’idée c’est d’avoir le moins d’ingrédients possible, pas d’additif, pas de conservateur. Du lait, des fruits, des céréales. » Au goût, c’est en effet fruité, consistant, le lait de chèvre arrive en fin de bouche. Pas forcément très gourmand, mais pensé pour apporter des forces : « l’objectif c’est de le vendre dans les boutiques sportives, les salles de sport, le réseau diététique et nature ou celui de la proximité, les parcs zoologiques et je suis même en discussion avec l’Office du Tourisme de Tours. »

Associé avec son cousin (Fabrice Bianci), Sébastien Duboc vend ses barres 2€40 l’unité pour 40g, pense au bio pour plus tard (comme dans l’exploitation familiale), voir à investir le marché des « alicaments » et des compléments nutritionnels. En attendant, une campagne de précommandes est ouverte via Ulule et le dispositif Make in Loire Valley. L'objectif de 1 000 préventes a été dépassé, l'entreprise espère maintenant atteindre les 2 000.

Olivier Collet